M15 — Gestion des conflits et médiation : désamorcer, négocier, transformer
Module 15 · Gestion des conflits et médiation · Leçon 03 sur 05

La médiation entre deux collaborateurs :
le manager-médiateur, pas le manager-juge.

Deux membres de votre équipe ne se parlent plus — et tout le monde vous regarde. Cette leçon donne le protocole complet : les entretiens séparés, la rencontre cadrée, l’accord écrit et le suivi — avec la distinction qui change tout : vous facilitez leur solution, vous n’imposez pas la vôtre.

Durée
30 min
Lecture + vidéo + exercice
Niveau
Managers
Leçons 1-2 indispensables
Format
6 sections
Protocole 4 phases + 2 cas types
Validation
Quiz auto-corrigé
Score min 70 %
CC FR

Vidéos de cette formation : toutes les vidéos sont en français ou sous-titrées en français. Activez les sous-titres via l’icône CC du lecteur si besoin.

Situation d’ouverture

« La comptable et la responsable ADV ne communiquent plus que par emails glacés — en copie à la terre entière. Le dirigeant convoque les deux dans son bureau : “Bon, on règle ça maintenant.” Vingt minutes de reproches croisés plus tard, chacune repart confortée dans son camp — avec le dirigeant en arbitre défaillant de plus au dossier. La confrontation directe sans préparation n’est pas une médiation : c’est un ring. La médiation commence toujours par des entretiens séparés. »

Section 01Médiateur, pas juge : la posture qui conditionne tout

Le réflexe naturel du manager est de TRANCHER (qui a raison ?) — mais un jugement produit un gagnant, un perdant, et un perdant qui ne coopérera plus. Le médiateur fait autre chose : il crée les conditions pour que les deux parties construisent LEUR accord (l’engagement par l’acte — M3 L5, M12 L2 — encore et toujours). Trois exigences de posture : l’impartialité perçue (si vous êtes trop proche d’une partie, ou impliqué, déléguez — RH, autre manager, médiateur externe), la confidentialité des entretiens séparés (ce qui s’y dit ne se répète pas sans accord), et la non-solution : vos idées viennent en dernier, si les leurs s’épuisent. Limite absolue : harcèlement, discrimination ou faute — ce n’est plus une médiation, c’est une procédure (RH/juridique, sans délai).

4
Phases : entretiens séparés, rencontre cadrée, accord écrit, suivi
Le protocole de la leçon
2
Entretiens séparés AVANT toute confrontation — jamais l’inverse
La règle d’or
0
Solution imposée : l’accord vient d’eux, vous tenez le cadre
Médiateur, pas juge
J+15
Le point de suivi qui fait tenir l’accord
La phase que tout le monde saute

Section 02Un binôme réconcilié vaut deux recrutements évités

Chiffrez le conflit ADV-comptabilité de l’anecdote : chaque facture litigieuse fait trois allers-retours d’emails au lieu d’une conversation, les erreurs ne se signalent plus (« qu’elle se débrouille »), l’équipe entière marche sur des œufs — et à terme, l’une des deux part (coût : M4 L1, version RH). Une médiation réussie coûte trois heures de votre temps ; elle rapporte la coopération restaurée, ET un signal envoyé à toute l’équipe : ici, les conflits se traitent, dignement (la jurisprudence de M12 L5). Bonus durable : les deux protagonistes ressortent équipés — la plupart des accords de médiation contiennent les outils de la L2 (« on se dit les choses en direct, en faits ») qui préviennent le conflit suivant.

Section 03Le protocole en 4 phases

Section 04Vidéo : conflit entre 2 collaborateurs — les étapes (en français)

Cette vidéo en français détaille les étapes de résolution d’un conflit entre deux membres d’équipe. Regardez, puis répondez : dans votre équipe, quel binôme mériterait une phase 1 cette semaine ?

Conflit entre 2 collaborateurs : les étapes
Aurélie Jacob Consulting · YouTube100 % en français

Voir sur YouTube →

Section 05Deux cas types — et le ring improvisé

✓ Cas type 1 — ADV et comptabilité : l’accord en 5 lignes

Deux entretiens séparés, une rencontre, un mémo — et les emails glacés qui cessent

L’anecdote, reprise en protocole : les entretiens séparés révèlent deux besoins compatibles — la comptable a besoin de pièces complètes AVANT saisie (elle répare les manques, invisible et jamais remerciée : reconnaissance + équité), l’ADV a besoin de réponses rapides sur les litiges clients (fiabilité). L’accord, écrit par elles : bordereau de transmission complet côté ADV, réponse sous 24 h côté compta, et un point commun de 15 minutes le vendredi. Au suivi J+15 : « on aurait dû faire ça il y a un an. » Trois heures de médiation, un an de froid dissous.

✓ Cas type 2 — La médiation déléguée à temps

Le dirigeant trop impliqué qui passe la main — et sauve la médiation

Conflit entre le fils du dirigeant (chef d’atelier) et un chef d’équipe historique. Le dirigeant réalise l’évidence : quoi qu’il fasse, son impartialité ne sera jamais perçue — condition n°1 morte d’avance. Il mandate la RH d’un groupement patronal ami comme médiatrice externe, et s’engage publiquement à respecter l’accord qui sortira. Résultat : un accord tenu, ET un signal puissant — le patron qui reconnaît ne pas pouvoir être juge et partie gagne en crédibilité ce qu’il « perd » en contrôle (M13 L5). Savoir déléguer la médiation EST une compétence de médiation.

✕ Contre-exemple — « On règle ça maintenant » : la confrontation à froid… brûlante

Convoqués ensemble, sans préparation — le ring aux frais du manager

La confrontation directe improvisée cumule toutes les erreurs : pas de vidage préalable (les colères pleines explosent en séance), pas de besoins identifiés (on s’affronte sur les positions — L1), pas de cadre (les « toujours » et « jamais » fusent — L2), et le manager qui glisse de médiateur à juge (« bon, franchement, là c’est toi qui exagères ») — perdant définitivement la confiance du « condamné ». Pire issue possible : les deux se réconcilient… contre vous. Règles Dé Click : jamais de rencontre sans les deux entretiens séparés ; jamais de médiation si votre impartialité n’est pas perçue (déléguez — c’est une force) ; l’échelle 1-10 avant de réunir ; et si faute ou harcèlement : procédure, pas médiation.

Section 06Quiz, ressources & à retenir

Question

Deux collaborateurs sont en conflit ouvert. Par quoi commence la médiation ?




Exact. Phase 1 obligatoire : 30-45 minutes avec chacun, confidentiel — vider la colère, creuser jusqu’aux besoins (L1), tester la volonté d’arranger (l’échelle 1-10). La rencontre ne vient qu’ensuite, cadrée, avec la reformulation croisée. Et l’accord vient d’eux — vous tenez le cadre.
Non. La confrontation à chaud sans préparation est un ring (colères pleines, positions frontales) ; écouter « le plus ancien » d’abord tue l’impartialité perçue ; l’email de valeurs ne traite rien. Le départ : les deux entretiens séparés — toujours, sans exception.

Références

Sur Dé Click Group

À retenir

Les 5 idées-clés de cette leçon

  • Médiateur, pas juge : un jugement fabrique un perdant qui ne coopérera plus — l’accord doit venir d’eux.
  • Le protocole : entretiens séparés → rencontre cadrée → accord écrit → suivi J+15/J+45 — et la phase sautée (le suivi) fait retomber 80 % des accords.
  • Le geste clé de la rencontre : la reformulation croisée — chacun redit ce qu’il a entendu de l’autre.
  • L’impartialité se juge perçue, pas réelle : trop proche ou impliqué → déléguez, c’est une compétence.
  • Harcèlement, discrimination, faute : procédure, jamais médiation — la limite ne se négocie pas.

« Si vous trouvez qu’une formation coûte cher, vous n’imaginez pas le prix de ne pas la faire. »

— Dé Click Group

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