M15 — Gestion des conflits et médiation : désamorcer, négocier, transformer
Module 15 · Gestion des conflits et médiation · Leçon 01 sur 05

Anatomie d’un conflit :
derrière chaque position, un besoin — et c’est lui qu’on résout.

« Il veut le bureau du fond, moi aussi » : voilà la POSITION. Derrière : l’un veut du calme pour téléphoner, l’autre la lumière — deux besoins parfaitement compatibles. Cette leçon apprend le geste fondateur de toute résolution : creuser sous les positions jusqu’aux besoins — là où les solutions existent.

Durée
30 min
Lecture + vidéo + exercice
Niveau
Tous publics
Managers, RH, dirigeants
Format
6 sections
3 niveaux + 2 cas types
Validation
Quiz auto-corrigé
Score min 70 %
CC FR

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Situation d’ouverture

« Deux chefs d’équipe se disputent LE technicien polyvalent — chacun le veut sur SON chantier, le ton monte, le dirigeant doit trancher. Version arbitrage : un gagnant, un perdant, une rancune. Version besoins : pourquoi le veux-tu ? L’un a besoin de sa certification élec (deux jours), l’autre de sa vitesse (fin de semaine). Le “conflit” tenait dans un planning. Personne n’avait posé la question d’en dessous. »

Section 01Trois niveaux : la position (ce qu’on exige), l’intérêt (ce qu’on cherche), le besoin (ce qui manque)

Le modèle vient de la négociation raisonnée de Harvard (Fisher & Ury) et irrigue toute médiation : la POSITION est la solution qu’une personne exige (« je veux ce bureau ») — les positions s’affrontent, par construction. L’INTÉRÊT est ce que la position doit obtenir (« pouvoir téléphoner sans bruit »). Le BESOIN est ce qui manque au fond — souvent universel : reconnaissance, sécurité, autonomie, équité (les moteurs de M12 L4, versant sombre). La loi du genre : les positions sont incompatibles, les besoins le sont rarement — c’est pourquoi on ne négocie jamais les positions : on creuse jusqu’aux besoins, où l’espace des solutions s’ouvre.

3
Niveaux : position (exigée), intérêt (cherché), besoin (manquant)
Fisher & Ury, Harvard
1
Question qui descend d’un niveau : « qu’est-ce que ça te permettrait ? »
Le geste de la leçon
4
Besoins récurrents au travail : reconnaissance, sécurité, autonomie, équité
Les universaux du conflit pro
J+2
Fenêtre idéale d’intervention — ni à chaud, ni enkysté
Le timing du manager

Section 02Le conflit évité coûte plus cher que le conflit traité

Le conflit non traité ne disparaît pas — il migre : baisse de coopération (les deux équipes de l’anecdote cessent de se prêter du matériel), clans qui se forment, énergie détournée (on prépare des arguments au lieu de travailler), et départs — rarement du « fautif », souvent du plus employable (M12 L5). Chiffrez une seule journée de froid entre deux équipes qui doivent coopérer : le coût dépasse déjà l’heure de conversation structurée qui l’aurait évité. À l’inverse, le manager qui sait descendre aux besoins gagne trois fois : des solutions durables (on a réglé la cause, pas le symptôme), une jurisprudence saine (« ici, on se parle » — M12 L5), et un flair précieux : les conflits détectés au stade « agacement », avant le stade « dossier » (le un-à-un de M12 L3 est votre radar).

Section 03Descendre aux besoins — le geste en 3 temps

Section 04Vidéo : les besoins fondamentaux au travail (en français)

Cette vidéo en français développe le niveau le plus profond du modèle — les besoins fondamentaux dont la frustration nourrit les conflits professionnels. Regardez, puis faites l’exercice : reprenez votre dernier conflit (vécu ou arbitré) et posez les trois niveaux de chaque partie sur papier.

Gestion des conflits : les besoins fondamentaux au travail
G. Rabiller · YouTube100 % en français

Voir sur YouTube →

Section 05Deux cas types — et le conflit enterré qui ressort en dossier

✓ Cas type 1 — Le technicien disputé : le planning était la solution

Deux positions incompatibles, deux besoins parfaitement conciliables

L’anecdote d’ouverture, déroulée en méthode : suspension à J+1, puis la question à chacun — « qu’est-ce que ça te permettrait ? ». Chef A : la certification élec exigée par le client (besoin : sécurité contractuelle, deux jours précis). Chef B : tenir la promesse de fin de semaine (besoin : fiabilité vis-à-vis de SON client). Reconstruction par les intéressés : certification lundi-mardi, chantier B mercredi-vendredi avec un renfort le jeudi. Durée totale : 40 minutes. Rancune générée : zéro. Et les deux chefs ont appris le geste — le conflit suivant, ils l’ont réglé sans le dirigeant.

✓ Cas type 2 — La position spectaculaire, le besoin minuscule

« Je refuse de travailler avec elle » — et le besoin d’équité qui se cachait dessous

Une déclaration de guerre apparente entre deux collaboratrices. En creusant (séparément, climat lourd) : l’une avait découvert que l’autre partait plus tôt le vendredi « avec l’accord du chef » — accord jamais expliqué au reste de l’équipe. Le besoin : l’ÉQUITÉ, pas l’éviction de la collègue. Solution : la règle des aménagements horaires écrite et accessible à tous (M12 L6 : l’implicite devient explicite). La position énorme cachait un besoin réglable en une communication. C’est presque toujours le cas — encore faut-il creuser au lieu de juger la position.

✕ Contre-exemple — « Ça va se tasser » : le conflit enterré vivant

Six mois de non-intervention — et l’agacement devenu dossier RH

Le manager voit le froid s’installer entre deux collaborateurs (« des adultes, ça va se tasser »). Six mois plus tard : deux clans dans l’équipe, les informations qui ne circulent plus (« je ne vais quand même pas LUI demander »), un client qui a senti la tension en réunion — et finalement un arrêt maladie plus un courrier RH. Le conflit à 40 minutes est devenu un dossier à quarante heures. Règles Dé Click : un froid qui dure plus de deux semaines est un conflit, pas une humeur ; l’intervention précoce est un acte de respect (pas une ingérence) ; « ça va se tasser » n’est vrai que pour les agacements sans enjeu — dès qu’un besoin est frustré, ça ne se tasse pas, ça s’enkyste ; et le radar existe déjà : le temps 1 du un-à-un (M12 L3), où « qu’est-ce qui te prend de l’énergie ? » fait remonter les tensions au stade réglable.

Section 06Quiz, ressources & à retenir

Question

Deux collaborateurs exigent chacun la même ressource (bureau, matériel, personne). Quel est le bon réflexe ?




Exact. Les positions s’affrontent, les besoins se concilient : la question « qu’est-ce que ça te permettrait ? » descend au niveau où les solutions existent (la certification ET la fin de semaine tenaient dans un planning). L’arbitrage reste possible en dernier recours — mais il fabrique un perdant, donc une rancune.
Non. L’arbitrage rapide, le premier arrivé et la punition collective traitent la POSITION — et fabriquent des perdants qui reviendront. Le réflexe : refroidir (à J+1, daté), creuser aux besoins, reconstruire ensemble — les positions sont incompatibles, les besoins le sont rarement.

Références

Sur Dé Click Group

Vidéos

À retenir

Les 5 idées-clés de cette leçon

  • Trois niveaux : position (la solution exigée), intérêt (ce qu’elle doit obtenir), besoin (ce qui manque au fond).
  • La loi du genre : les positions s’affrontent, les besoins se concilient — on ne négocie jamais les positions.
  • La question qui descend : « qu’est-ce que ça te permettrait ? » — jamais le « pourquoi ? » frontal qui fait se justifier.
  • Le tempo : refroidir (suspension datée, J+1), creuser, reconstruire — et les solutions qu’ILS construisent tiennent dix fois mieux.
  • Un froid de plus de deux semaines est un conflit : ça ne se tasse pas, ça s’enkyste — le un-à-un est votre radar.

« Si vous trouvez qu’une formation coûte cher, vous n’imaginez pas le prix de ne pas la faire. »

— Dé Click Group

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