S53 — Rédiger un certificat de travail conforme en 30 min
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Les 9 onglets sont ouverts — les six leçons, le récapitulatif avec son étude de cas, le glossaire et l'évaluation finale. Chaque leçon embarque son outil intégré entièrement fonctionnel, son cas pratique corrigé et son quiz, à l'identique de l'espace apprenant. Choisissez une leçon dans les onglets, et basculez à volonté entre la vue illustrée, faite de schémas et de graphiques, et la vue écrite, qui porte le texte complet. La vidéo de chaque leçon se trouve en fin de vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance, aux côtés du contenu, de l'outil, de l'exercice et du quiz.
Rédiger un certificat de travail conforme en 30 min
Sept leçons pour signer un certificat qu'on n'aura pas à refaire dix ans plus tard : choisir entre le complet et le simple sans se tromper de titulaire du droit, écrire la durée au jour près, décrire les activités qui ont pesé, remplacer les formules codées par des faits, savoir ce qui ne doit jamais y figurer, et garder les pièces qui soutiennent l'appréciation.
Un modèle élogieux,
et un droit qui n'est pas le vôtre.
Posez la question à un assistant grand public : vous obtenez un certificat flatteur, bâti sur un droit du travail qui n'est pas le droit suisse. Il ignore ce que la loi d'ici impose, et il recopie exactement les formules qu'elle proscrit.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Distinguer les deux formes de certificat que connaît le droit suisse (art. 330a al. 1 et 2 CO).
Compétence 2
Énoncer lequel, de la vérité ou de la bienveillance, l'emporte quand les deux se contredisent.
Compétence 3
Produire un certificat complet, prêt à dater et à signer, à partir de faits.
Activités marquantes — Les fonctions importantes et les activités qui ont pesé dans le poste, avec leur durée. Les autres mots du module sont au glossaire.
« Rui partait fin octobre. J'ai posé ma question un dimanche soir, j'ai recopié le modèle qu'on m'a servi, j'ai signé. Trois semaines plus tard, son nouvel employeur m'appelait pour savoir ce que je voulais dire par "s'est efforcé de donner satisfaction". Je ne savais même pas que j'avais écrit ça. » — Sandra Perrin, gérante, Perrin Nettoyages Sàrl, Yverdon-les-Bains, dix-huit collaborateurs.
Section 01La réponse type, et les quatre choses qu'elle ignore
La question est celle qu'un gérant tape un dimanche soir : « Comment rédiger un certificat de travail ? » Sans pays, sans contexte. Le bloc ci-dessous n'est pas la sortie d'un produit interrogé un jour donné : c'est la réponse type que servent les assistants grand public sur ce sujet, y compris les moins établis et les moins précis — reconstituée comme un exemple représentatif, et signalée comme telle dans SOURCES.md.
« Comment rédiger un certificat de travail ? »
Ce que le document doit contenir. L'en-tête de l'entreprise, l'identité du salarié, les dates d'entrée et de sortie, le poste occupé, les missions confiées, une appréciation des qualités professionnelles et humaines, une formule de fin, la date et la signature. Le certificat de travail est obligatoire : il est remis au salarié à la fin du contrat, avec le solde de tout compte et l'attestation destinée à l'organisme d'assurance chômage.
Le ton. Restez positif et bienveillant. Le certificat suit le salarié toute sa carrière : il ne doit contenir aucune mention défavorable, sous peine d'être requalifié en dénigrement. Mettez en avant les qualités humaines autant que les compétences : ponctualité, assiduité, bonne volonté, esprit d'équipe, sens du relationnel.
Formules types à reprendre. « Monsieur X s'est toujours efforcé de donner satisfaction dans l'accomplissement de ses missions. » « D'un naturel agréable, il était apprécié de tous ses collègues et a contribué à la bonne ambiance du service. » « Il nous quitte pour des raisons personnelles ; nous le remercions et lui souhaitons bonne chance pour la suite. »
Les erreurs à éviter. Oublier de dater et de signer. Recopier un modèle sans l'adapter. Mentionner un motif de départ litigieux. Laisser passer une faute d'orthographe, qui décrédibilise le document.
La trame est juste, et le module la reprend : identité, dates, fonction, tâches, appréciation, formule de fin. Ce qui ne tient pas, c'est tout le reste. Le solde de tout compte est une institution du Code du travail français ; le droit suisse ne le connaît pas. « Aucune mention défavorable » est faux ici : le Tribunal fédéral juge qu'un certificat complet doit donner aux futurs employeurs une image aussi fidèle que possible du travailleur, et qu'il doit donc être véridique et complet — la bienveillance vient après (ATF 129 III 177, consid. 3.2 ; ATF 136 III 510, consid. 4.1). La réponse ignore aussi qu'il existe deux formes de certificat, et que la seconde ne se délivre qu'à la demande expresse du collaborateur (art. 330a al. 1 et 2 CO). Enfin, les trois « formules types » qu'elle propose sont précisément celles que le SECO proscrit : « le recours à un langage codé, par lequel des expressions apparemment neutres ou positives recèlent des messages négatifs à l'attention des initiés ».
Sur cent personnes actives occupées, dix-neuf ont quitté leur poste en l'espace d'un an
Dix-neuf départs sur cent, en une année
Un anneau à trois parts, sur 100 personnes actives occupées. Première part, 12,7 : celles qui ont changé d'emploi en l'espace d'un an. Deuxième part, 6,5 : celles qui ont quitté leur poste par un changement de statut. Ensemble, 19,2 départs. Troisième part, 80,8 : celles qui n'ont pas quitté leur poste. Source : OFS, enquête suisse sur la population active, « La mobilité professionnelle en Suisse », octobre 2020, sur les personnes qui exerçaient une activité professionnelle en 2018. Sur une entreprise de dix-huit personnes, ce taux donne trois à quatre certificats par année.
Le piège n'est pas la bêtise, c'est la flatterie
Un certificat manifestement faux se repère. Un certificat élogieux, bien tourné, poli, se signe sans y réfléchir — et il reste opposable dix ans. Sandra ne découvre le problème qu'au téléphone, quand un recruteur lui demande de traduire sa propre phrase.
Section 02Trente minutes, contre dix ans d'exposition
Le calcul, sur un seul certificat
Une heure de travail au salaire médian suisse coûte 38,80 francs : 7 024 francs bruts par mois divisés par 181 heures, soit 41 h 47 min de durée contractuelle hebdomadaire multipliées par 52 et divisées par 12. Un certificat rédigé proprement prend trente minutes, soit environ 19 francs de temps. En face : dix ans pendant lesquels il peut être attaqué, et une procédure qui ne coûte rien à l'ancien collaborateur jusqu'à 30 000 francs de valeur litigieuse.
Le coût de l'inverse : le certificat trop généreux
Écrire que tout était parfait quand ce n'était pas le cas n'est pas une gentillesse sans conséquence : le second but du document est de donner aux futurs employeurs une image fidèle du travailleur. Un certificat faussement élogieux trahit ce but, et il prive l'employeur suivant de l'information qu'il cherchait en le lisant.
Le temps de bien faire, en francs : de soixante-cinq centimes à dix-neuf francs
Quatre gestes, convertis en francs
Quatre barres horizontales sur une échelle de 0 à 23 francs, toutes calculées au coût horaire médian de 38,80 francs. Le certificat complet, trente minutes : 19.40 francs. Le relevé du dossier, dix minutes : 6.50 francs. La relecture des six formules codées, deux minutes : 1.30 franc. La relecture des trois familles interdites, une minute : 0.65 franc. Les quatre ensemble ne font pas trente francs — et en face, le document reste attaquable pendant dix ans.
Section 03Les six blocs, dans cet ordre
Ce que le SECO attend d'un certificat complet
Cet ordre n'est pas une convention de mise en page : il suit la liste que le Secrétariat d'État à l'économie publie pour le certificat complet, et il correspond à ce que le Tribunal fédéral exige du document — la description précise et détaillée des activités exercées et des fonctions occupées, les dates de début et de fin de l'engagement, l'appréciation de la qualité du travail effectué ainsi que de l'attitude du travailleur (arrêt 4A_117/2007, consid. 7.1).
Les six blocs du certificat complet, dans cet ordre
Les six blocs, l'un après l'autre
Une suite verticale de six étapes. Un : l'identité — qui, et chez qui. Deux : la durée exacte, le premier et le dernier jour, pas les mois seuls. Trois : la fonction, et les fonctions successives s'il y en a eu. Quatre : les tâches, c'est-à-dire les activités marquantes et non le cahier des charges entier. Cinq : l'appréciation, la qualité du travail ET la conduite. Six : la formule de fin, la date du dernier jour des rapports de travail et une signature qui engage l'entreprise. Les blocs 1, 2 et 5 sont mis en évidence ; le sixième est en navy, parce que c'est celui qu'on oublie.
Section 04Votre outil : le Générateur de certificat de travail
Le problème qu'il résout : vous savez ce que le collaborateur a fait, mais pas dans quel ordre l'écrire ni quels mots sont piégés. Comment s'en servir : choisissez le type, saisissez les faits ; l'outil compose le certificat dans l'ordre attendu, signale les formules codées et refuse de produire un document contenant une mention interdite.
Le complet est la règle. Le simple ne se délivre qu'à la demande expresse du collaborateur.
Le premier et le dernier jour, pas les mois seuls : c'est ce que le lecteur suivant compare au CV.
Une tâche par ligne : les fonctions importantes et les activités marquantes, pas le cahier des charges entier.
Un résultat par ligne, avec son chiffre quand il y en a un. L'appréciation commande la formule de satisfaction.
Outil pédagogique Dé Click. Rien n'est envoyé : tout est calculé dans votre navigateur. Le certificat produit est un document de l'employeur, qui en répond ; il ne remplace pas l'avis d'un conseil dans un cas contesté.
Section 05Cas : le certificat de Rui Almeida
Rui Almeida a été engagé le 1er mars 2021 comme chef d'équipe nettoyage chez Perrin Nettoyages, à 100 %. Il a résilié son contrat pour le 31 octobre 2026. Il conduisait une équipe de cinq personnes, planifiait les tournées du secteur nord, contrôlait la qualité chez les clients et formait les nouveaux. Il a repris le chantier de la clinique de Chamblon sans rupture de service, formé trois collaborateurs et tenu son planning sans recourir au personnel temporaire. Votre mission : cliquez sur « Remplir avec le cas de la leçon » dans l'outil ci-dessus, lisez le document produit, puis ouvrez le corrigé.
Voir la correction
Six blocs, soixante-huit mois de durée exacte, et une formule de satisfaction assumée
Ce que l'outil compose. Le document sort avec les six blocs à leur place : « Nous certifions que Rui Almeida a travaillé dans notre entreprise du 01.03.2021 au 31.10.2026, à un taux d'activité de 100 %. Rui a occupé la fonction de chef d'équipe nettoyage. À ce titre, Rui était chargé de la conduite d'une équipe de cinq personnes, la planification des tournées du secteur nord, le contrôle qualité chez les clients et la formation des nouveaux collaborateurs. […] Nous avons été pleinement satisfaits de ses prestations, qui ont dépassé ce que le poste demandait. Son comportement envers ses collègues, sa hiérarchie et la clientèle a été irréprochable. » Suivent le motif, la formule de fin, le lieu, la date et la signature.
Le chiffre que Sandra peut poser sans se tromper. Du 1er mars 2021 au 31 octobre 2026, il y a 68 mois, soit cinq ans et huit mois. Un certificat qui dirait « de mars 2021 à fin 2026 » laisserait deux mois d'incertitude sur une candidature — un doute que Rui n'a pas mérité et que Sandra n'avait pas l'intention de créer.
Ce que la réponse générique aurait fait écrire à Sandra. Trois phrases, et les trois sont des codes. « S'est efforcé de donner satisfaction » dit au lecteur averti que le résultat n'y était pas. « Apprécié de tous, il a contribué à la bonne ambiance » loue le caractère à la place du travail. « Il nous quitte pour des raisons personnelles » se lit « on ne peut pas dire pourquoi ». Aucune n'était l'intention de Sandra : l'outil les signale dès qu'on les saisit.
La limite de l'outil, et il faut la dire. Il compose un document à partir de ce que vous lui donnez ; il ne sait pas si c'est vrai. « Pleinement satisfaits » engage l'entreprise sur une prestation au-dessus de la moyenne : si quelqu'un le conteste, c'est à Sandra de montrer sur quoi elle s'appuie. L'outil pose cette mise en garde sous le document, parce que la phrase la plus agréable à signer est aussi la plus engageante.
Recopier un modèle trouvé en ligne, puis changer seulement le nom
Un modèle générique ne connaît ni votre collaborateur ni votre droit. Il apporte des institutions qui n'existent pas ici, des formules codées prêtes à l'emploi, et une description de tâches qui ne décrit personne. Le document sort en trois minutes, et il est faux sur les trois points que le lecteur suivant regardera.
Ce que le modèle a pour lui, quand même. Il donne l'ordre des blocs, et cet ordre est juste : un gérant qui part d'une page blanche oublie presque toujours la conduite ou la date. L'erreur n'est donc pas d'utiliser une trame — c'est de la remplir sans la comprendre. La trame de la section 03 est la même, à ceci près qu'elle vient du SECO et qu'elle s'applique en Suisse.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Quand la bienveillance et la vérité se contredisent dans un certificat de travail, laquelle l'emporte en droit suisse ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Reprenez le dernier certificat que vous avez signé et cherchez-y les six blocs de la section 03. Notez lequel manque.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Une réponse générique donne une trame juste et un droit étranger.
- Le droit suisse connaît deux formes de certificat : complet, et simple sur demande expresse.
- En cas de conflit, la vérité prime la bienveillance.
- Les « formules types » proposées sont le langage codé que le SECO proscrit.
- Le certificat reste attaquable dix ans, et la procédure ne coûte rien au collaborateur.
Un certificat flatteur n'est pas un certificat bienveillant : c'est un certificat faux.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Cinq minutes sur le certificat de travail en droit suisse : ce que l'employeur doit y mettre, ce que le collaborateur peut exiger, et ce que vaut une formule aimable qui ne dit rien. C'est la seule ressource vidéo trouvée qui traite le sujet sous le droit qui s'applique ici, et elle ouvre la leçon pour cette raison : l'écart avec la réponse générale de la section 01 se voit en cinq minutes. Langue : français.
Le secret du certificat de travail suisse révélé !
Deux certificats,
et un seul que vous pouvez choisir.
Le complet est la règle. Le simple n'existe qu'à la demande expresse du collaborateur — jamais à la vôtre. Confondre les deux est le manquement le plus fréquent, et le plus facile à prouver.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Choisir entre le certificat complet et le certificat simple selon la seule règle qui compte.
Compétence 2
Citer qui, de l'employeur ou du collaborateur, décide de réduire le contenu du document.
Compétence 3
Délivrer un certificat intermédiaire en cours de contrat, sans attendre le départ.
Certificat intermédiaire — Certificat délivré pendant la durée des rapports de travail, par opposition au certificat final. Les autres mots du module sont au glossaire.
« Un collaborateur était parti en claquant la porte. J'ai fait court : trois lignes, les dates, le poste, rien d'autre. Je croyais être neutre. On m'a expliqué que ce certificat-là, c'est lui qui devait le demander, pas moi qui devais le décider. » — Sandra Perrin, gérante, Perrin Nettoyages Sàrl, Yverdon-les-Bains.
Section 01Le certificat réduit « par prudence » est un manquement
L'article 330a du Code des obligations tient en deux alinéas, et tout se joue entre les deux. Alinéa 1 : « Le travailleur peut demander en tout temps à l'employeur un certificat portant sur la nature et la durée des rapports de travail, ainsi que sur la qualité de son travail et sa conduite. » Alinéa 2 : « À la demande expresse du travailleur, le certificat ne porte que sur la nature et la durée des rapports de travail. » Le premier est la règle, le second l'exception — et l'exception appartient au collaborateur.
Le Tribunal fédéral l'a posé en toutes lettres : l'employeur ne peut établir un certificat à contenu réduit qu'à la demande expresse du travailleur, et un certificat complet porte aussi bien sur la qualité du travail que sur le comportement (ATF 129 III 177). Réduire de sa propre initiative n'est pas une prudence, c'est une violation de l'alinéa 1 — et elle se lit à l'œil nu sur le document. Retenez encore le « en tout temps » : le droit existe pendant le contrat, pas seulement à sa fin, et c'est lui qui fonde le certificat intermédiaire que le SECO nomme par opposition au certificat final.
L'art. 330a CO tient en deux alinéas, et l'exception appartient au collaborateur
Deux alinéas, et une seule personne qui décide
Un organigramme. À la racine, l'art. 330a du Code des obligations, qui donne le droit au certificat « en tout temps ». Première branche, l'alinéa 1 : le certificat complet, qui porte sur la nature et la durée des rapports de travail, la qualité du travail et la conduite. C'est la règle de principe, et elle n'attend aucune demande. Seconde branche, l'alinéa 2 : le certificat simple, limité à la nature et à la durée. C'est l'exception, elle suppose la demande expresse du travailleur, et elle est décidée par lui, jamais par l'employeur.
Le certificat court n'est pas un certificat neutre
Un recruteur qui reçoit trois lignes sur cinq ans de travail comprend immédiatement ce qu'elles taisent. La brièveté est le message le plus bruyant du certificat — et celui que l'employeur maîtrise le moins.
Section 02Une case à cocher, contre une procédure évitable
Le calcul, sur un seul dossier
Cocher le bon type prend cinq secondes. Le refaire après coup coûte la conciliation, puis le tribunal — et l'action reste ouverte dix ans après la fin des rapports de travail (ATF 147 III 78). Sur dix-huit personnes, à 19,2 départs pour 100 personnes actives occupées par année (OFS), ce sont trois à quatre certificats de plus chaque année, et une trentaine encore exposés.
Le coût de l'inverse : le complet imposé malgré la demande
Si le collaborateur a expressément demandé un certificat simple, lui en délivrer un complet n'est pas non plus conforme : l'alinéa 2 est son droit, et il a pu avoir une raison de l'exercer. La règle est symétrique — c'est lui qui choisit, pas vous.
Sur dix-huit postes, huit certificats par année — plus du double des départs
Trois départs et demi, huit certificats
Deux colonnes sur une échelle de 0 à 10 documents par année, pour une entreprise de dix-huit postes. Première colonne : 3,5 départs attendus, calculés au taux de 19,2 départs pour 100 personnes actives occupées relevé par l'OFS. Seconde colonne : 8 certificats produits. L'écart, 4,5, ce sont les certificats intermédiaires demandés en cours de contrat — ceux que le « en tout temps » de l'art. 330a al. 1 CO autorise, et qu'on oublie de compter.
Section 03Quatre questions, dans cet ordre, et le type est fixé
L'arbre de décision de l'art. 330a CO
L'intermédiaire rend service dans deux situations concrètes : le collaborateur qui postule ailleurs sans l'annoncer, et le changement de supérieur, où l'on écrit ce dont on se souvient pendant qu'on s'en souvient encore. Un certificat final rédigé six ans après les faits par quelqu'un qui n'a pas connu la personne est le vrai coût de l'intermédiaire qu'on n'a pas fait.
Quatre questions, dans cet ordre, et le type du certificat est fixé
Quatre questions, et le type est fixé
Un arbre de décision. Le contrat est-il terminé ? Si non, c'est un certificat intermédiaire, rédigé au présent. Si oui : le collaborateur a-t-il demandé un certificat simple, expressément ? Si non, la question est close, c'est un complet au sens de l'art. 330a al. 1 CO. Si oui : la demande est-elle tracée au dossier ? Sans trace, on reste sur le complet ; avec la trace, le simple de l'alinéa 2 est justifié. Dernière question, posée au complet seulement : porte-t-il bien les DEUX appréciations, la qualité du travail et la conduite ? Si une seule y figure, le certificat est incomplet — c'est la case rouge, et le défaut le plus courant.
Section 04L'outil : le sélecteur de type, au point 1
Le problème qu'il résout : le choix du type se fait d'instinct, et l'instinct se trompe dans le sens qui expose. Comment s'en servir : ouvrez le Générateur de certificat de travail de la leçon 01 et cochez « simple » dans son premier bloc. L'outil masque alors tout le bloc d'appréciation et affiche la seule mise en garde qui compte — « Gardez la trace écrite de la demande : sans elle, un certificat réduit viole l'art. 330a al. 1 CO ». Le document produit se termine par la phrase qui dit pourquoi il est court : « Ce certificat porte sur la nature et la durée des rapports de travail uniquement, à la demande expresse de Rui. » Le lecteur suivant sait ainsi que la brièveté vient du collaborateur — et c'est ce qu'il faut qu'il sache.
Section 05Cas : le départ qui s'est mal passé
Un collaborateur de Perrin Nettoyages quitte l'entreprise après une fin de contrat tendue. Sandra n'a rien de particulier à lui reprocher sur le travail, mais elle n'a aucune envie d'écrire une appréciation. Elle envisage trois lignes : les dates, la fonction, rien d'autre. Votre mission : dans l'outil, cochez « certificat simple », lisez la mise en garde qui apparaît, puis revenez sur « complet ». Ouvrez ensuite le corrigé.
Voir la correction
Complet, parce que personne ne lui a demandé l'inverse
Ce que dit la règle. Le collaborateur n'a rien demandé. L'alinéa 2 ne s'ouvre qu'à sa demande expresse : en son absence, le certificat doit porter sur la qualité du travail et sur la conduite. La gêne de Sandra n'est pas un motif juridique, et le document réduit qu'elle envisageait serait la preuve écrite du manquement — signée de sa main.
Ce qu'elle peut faire, en revanche. Écrire la vérité, y compris quand elle n'est pas flatteuse : le certificat complet peut contenir des faits et des appréciations défavorables, pour autant qu'ils soient pertinents et fondés (arrêt 4A_117/2007, consid. 7.1). Ce qui est interdit n'est pas de dire une réserve, c'est de la dissimuler dans une formule ou de la remplacer par un silence. Si le collaborateur préfère réellement un document court, un courriel suffit à le lui demander : s'il répond oui, la demande expresse existe, datée, au dossier.
Ce que ce cas ne règle pas. Il donne le type du document, pas son contenu : Sandra sait qu'elle doit écrire une appréciation, pas encore laquelle ni avec quels mots. Les leçons 03 et 04 s'occupent de cette partie-là.
Décider du contenu réduit à la place du collaborateur
« Je préfère ne rien dire plutôt que de dire du mal » est une intention honnête et un raisonnement faux. Le silence choisi par l'employeur se lit comme une condamnation, et il viole l'alinéa 1 sans protéger personne.
Ce que cette prudence a pour elle. Elle vient d'une vraie difficulté : mal écrire une appréciation défavorable coûte cher. La réponse n'est pas de la supprimer, c'est de l'appuyer sur un fait daté — un constat écrit pendant le contrat. L'employeur qui l'a fait n'a plus de difficulté à la fin.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Qui peut décider qu'un certificat de travail se limitera à la nature et à la durée des rapports de travail ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Ouvrez votre dossier du personnel et vérifiez, pour les certificats courts que vous avez délivrés, s'il existe une trace écrite de la demande du collaborateur.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Le certificat complet est la règle (art. 330a al. 1 CO).
- Le certificat simple n'existe qu'à la demande expresse du travailleur (al. 2).
- Un complet porte sur la qualité du travail ET la conduite, jamais une seule.
- Le droit existe en tout temps : c'est ce qui fonde le certificat intermédiaire.
- Sans trace écrite de la demande, le document court prouve le manquement.
Le certificat court n'est pas neutre : il est éloquent, et vous ne choisissez pas ce qu'il dit.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Dix-sept minutes sur les deux documents côte à côte : ce qu'une attestation dit, ce qu'un certificat ajoute. C'est la distinction de cette leçon, prise document par document. Réserve de cadre : le mot « attestation » appartient au droit français. En Suisse, les deux documents sont le certificat complet et le certificat simple (art. 330a al. 1 et 2 CO), et seule la demande expresse du collaborateur ouvre le second — l'employeur ne raccourcit pas le document de son propre chef, et la leçon dit pourquoi le faire « par prudence » est un manquement. Langue : français.
Rédiger Attestation et certificat de travail
Ce que le recruteur vérifie
avant même de vous lire.
Les dates, la fonction, les tâches : la moitié factuelle du certificat se contrôle en trente secondes contre un curriculum vitae. C'est aussi celle qu'on bâcle, parce qu'elle paraît évidente.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Écrire la durée des rapports de travail sous une forme qui ne laisse aucun écart possible.
Compétence 2
Sélectionner les activités marquantes à décrire, et écarter le reste du cahier des charges.
Compétence 3
Retrouver les faits d'un contrat de cinq ans en moins de dix minutes, dans vos propres dossiers.
« J'ai écrit « de 2021 à 2026, employé de nettoyage ». Le recruteur a appelé pour savoir s'il avait été chef d'équipe ou pas, parce que son CV le disait et pas mon certificat. C'est moi qui avais raccourci, et c'est Rui qui passait pour un menteur. » — Sandra Perrin, gérante, Perrin Nettoyages Sàrl, Yverdon-les-Bains.
Section 01Le vague coûte plus cher que la sévérité
Un certificat défavorable mais précis reste utilisable : le lecteur sait ce qu'il lit. Un certificat vague ne l'est pas. « De 2021 à 2026 » laisse jusqu'à vingt-trois mois d'écart entre la lecture la plus large et la plus étroite ; « employé de nettoyage » efface une promotion ; « diverses tâches d'entretien » ne décrit personne. Le recruteur ne conclut pas que l'employeur a été négligent : il conclut que le candidat ne valait pas mieux.
Le Tribunal fédéral décrit la matière attendue sans ambiguïté : le certificat doit contenir la description précise et détaillée des activités exercées et des fonctions occupées dans l'entreprise, ainsi que les dates de début et de fin de l'engagement (arrêt 4A_117/2007 du 13 septembre 2007, consid. 7.1). Le SECO ajoute la manière de trier — « la liste détaillée des fonctions importantes et des activités marquantes du travailleur, y compris la durée de ces activités ». Détaillée ne veut donc pas dire exhaustive : on décrit ce qui a pesé, pas tout ce qui figurait au cahier des charges.
Soixante-huit mois de travail, vingt-trois mois d'incertitude
Soixante-huit mois, et vingt-trois de flou
Deux colonnes en mois, sur une échelle de 0 à 80. La première, 68 mois : la durée exacte des rapports de travail du cas, du 1er mars 2021 au 31 octobre 2026, soit cinq ans et huit mois. La seconde, 24 mois : l'écart que laisse la mention « de 2021 à 2026 », entre la lecture la plus étroite et la plus large que le lecteur peut en faire. L'incertitude vaut un tiers de la durée réelle — et c'est le candidat qui la paie, pas l'employeur qui l'a écrite.
Le certificat est lu à côté du CV, jamais seul
Toute différence entre les deux documents se retourne contre le candidat, y compris quand elle vient de votre raccourci. C'est la première raison d'écrire les dates au jour près.
Ce qui entre au certificat, et ce qui en sort
Ce qu'on écrit, ce qu'on écarte
Une matrice à deux axes. En abscisse : le fait change-t-il l'avis d'un employeur qui hésite ? En ordonnée : est-il établi au dossier, daté et constaté ? En haut à droite, la seule case où l'on écrit sans hésiter : le fait pèse et il est documenté — c'est une activité marquante. En haut à gauche, le fait est documenté mais ne change rien : on l'écarte, c'est du cahier des charges. En bas à droite, il changerait l'avis mais rien ne l'établit : il faut le documenter avant de l'écrire. En bas à gauche, ni l'un ni l'autre : hors du certificat.
Section 02Dix minutes de dossier contre un appel qu'on ne rattrape pas
Le calcul, sur un contrat de cinq ans
Relever les dates, le taux et les fonctions successives dans le dossier du personnel prend dix minutes, soit environ 6,50 francs au coût horaire médian de 38,80 francs. Les inventer de mémoire prend deux minutes et produit un document qui contredit le CV — et cette contradiction-là ne se corrige plus : le recruteur a déjà classé le dossier.
Le coût de l'inverse : tout écrire
Recopier le cahier des charges entier n'est pas plus précis, c'est plus long. Un lecteur qui doit traverser quatorze puces pour trouver ce que la personne faisait vraiment abandonne à la sixième, et la responsabilité d'équipe se perd au milieu du reste.
Section 03Quatre relevés, tous dans des documents que vous avez déjà
Où se trouvent les faits, et sous quelle forme les écrire
La règle de tri tient en une question : est-ce que cette ligne changerait l'avis d'un employeur qui hésite ? « Conduite d'une équipe de cinq personnes » le change. « Utilisation d'une autolaveuse » ne le change pas — sauf si le poste visé est celui d'un opérateur de machine, et c'est là que le certificat intermédiaire de la leçon 02 devient utile : on écrit ce qui compte au moment où l'on sait encore pour qui.
Quatre relevés, et le document où chacun se trouve déjà
Quatre relevés, quatre documents
Une chaîne de quatre étapes. Un : les deux dates, dans le contrat et la lettre de résiliation, écrites au format jour.mois.année. Deux : le taux d'activité, dans le registre de durée du travail, que l'art. 73 al. 2 OLT 1 fait conserver au minimum cinq ans ; s'il a changé, les deux taux figurent avec leur période. Trois : les fonctions successives, dans les avenants — une promotion est une information favorable. Quatre, en navy : les activités marquantes, trois à six, pas quatorze.
Section 04L'outil : les blocs 3 et 4 du générateur
Le problème qu'il résout : la partie factuelle se rédige en phrases, et les phrases écrasent les faits. Comment s'en servir : dans le Générateur de certificat de travail, le bloc 3 demande trois valeurs séparées — premier jour, dernier jour, taux — plutôt qu'une phrase libre. Le bloc 4 demande une tâche par ligne. L'outil se charge ensuite de la grammaire : « À ce titre, Rui était chargé de la conduite d'une équipe de cinq personnes, la planification des tournées du secteur nord, le contrôle qualité chez les clients et la formation des nouveaux collaborateurs. »
Ce découpage n'est pas une commodité d'interface : il vous oblige à aller chercher chaque fait là où il se trouve, au lieu de le reconstituer de mémoire dans une phrase. Saisissez vos quatre à six lignes, et regardez la phrase se composer. Si une ligne vous gêne en la relisant, c'est qu'elle n'était pas marquante : retirez-la.
Section 05Cas : les cinq ans de Rui, relevés en dix minutes
Sandra ouvre trois documents : le contrat du 12 février 2021, l'avenant du 20 décembre 2022 qui nomme Rui chef d'équipe au 1er janvier 2023, et la lettre de résiliation qu'il a remise le 29 juillet 2026 pour le 31 octobre. Votre mission : dans l'outil, remplissez le bloc 3 avec 01.03.2021, 31.10.2026 et 100 %, puis saisissez quatre tâches au bloc 4. Lisez la phrase produite, puis ouvrez le corrigé.
Voir la correction
Deux dates, un taux, une promotion datée — et quatre lignes de tâches
Ce que les documents donnent. Le contrat fixe l'entrée en service au 1er mars 2021, pas à la date de signature du 12 février : c'est l'entrée en service qui se met sur le certificat. La résiliation remise le 29 juillet court jusqu'au 31 octobre, dernier jour des rapports de travail. Entre les deux, 68 mois. Et l'avenant de décembre 2022 apporte la seule information que Sandra allait perdre : Rui a été nettoyeur pendant vingt-deux mois, puis chef d'équipe pendant quarante-six.
Ce que l'outil compose. « Nous certifions que Rui Almeida a travaillé dans notre entreprise du 01.03.2021 au 31.10.2026, à un taux d'activité de 100 %. Rui a occupé la fonction de chef d'équipe nettoyage. À ce titre, Rui était chargé de la conduite d'une équipe de cinq personnes, la planification des tournées du secteur nord, le contrôle qualité chez les clients et la formation des nouveaux collaborateurs. » Quatre lignes saisies, une phrase lisible.
La limite, et il faut la dire. Le champ « fonction » de l'outil n'accepte qu'un intitulé : la double fonction de Rui s'y écrit à la main, « nettoyeur, puis chef d'équipe nettoyage dès le 01.01.2023 ». L'outil ne va pas chercher vos avenants, et il ne sait pas qu'il en existe un. C'est la partie que le dossier fait, pas le logiciel — et c'est pour cela que les dix minutes de relevé viennent avant les cinq minutes de saisie.
Écrire « de 2021 à 2026 » parce que les dates exactes sont au sous-sol
Le raccourci coûte vingt-trois mois d'incertitude à quelqu'un qui postule. Il coûte aussi à l'employeur : c'est lui qu'on rappellera pour vérifier, et il n'aura toujours pas le dossier sous la main.
Ce que ce raccourci a pour lui. Il est honnête dans son intention : personne n'invente une durée. Et pour un contrat de trois semaines conclu oralement, l'année seule est parfois tout ce qui existe. La règle pratique est alors de dire d'où vient la date — « selon nos décomptes de salaire » — plutôt que de laisser croire à une précision qu'on n'a pas.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Que demande le Tribunal fédéral au sujet des activités décrites dans un certificat de travail ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Sortez le dossier du prochain collaborateur qui part et relevez, en dix minutes, ses deux dates exactes, son taux, ses fonctions successives et quatre activités marquantes.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Le certificat se lit à côté du CV : tout écart se retourne contre le candidat.
- Les dates s'écrivent au jour près, les deux.
- Une promotion se date : la taire appauvrit le document.
- « Détaillé » veut dire marquant, pas exhaustif : trois à six activités.
- Tous ces faits sont déjà dans le contrat, les avenants et le registre du temps.
Un certificat vague ne protège personne : il fait douter de la personne qu'il décrit.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Quatorze minutes sur le dossier du personnel : ce qu'on y classe, comment on le retrouve. Les quatre relevés de cette leçon — dates exactes, fonction, taux, tâches — sortent tous de ce dossier. Un certificat écrit en dix minutes suppose un classement déjà tenu. Langue : français.
Gestion des dossiers administratifs
« S'est efforcé de » :
ce que le recruteur comprend, et pas vous.
Le langage codé du certificat est un vrai système : des expressions positives qui disent le contraire à qui sait les lire. Le SECO les proscrit. Encore faut-il savoir par quoi les remplacer.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Repérer six formules codées courantes dans un certificat de travail rédigé en français.
Compétence 2
Remplacer chacune par une phrase factuelle qui dit la même chose sans code.
Compétence 3
Décider quelle formule de satisfaction correspond réellement à la prestation constatée.
Langage codé — Formulations dont le sens caché n'est connu que des lecteurs initiés et reste dissimulé au lecteur ordinaire. Les autres mots du module sont au glossaire.
« Je pensais faire une faveur à Rui en écrivant qu'il s'était toujours efforcé de donner satisfaction. Pour moi, ça voulait dire qu'il travaillait dur. Pour le recruteur qui m'a appelée, ça voulait dire qu'il n'y arrivait pas. » — Sandra Perrin, gérante, Perrin Nettoyages Sàrl, Yverdon-les-Bains.
Section 01Un code que l'employeur emploie sans le connaître
Le SECO le définit et l'interdit dans la même phrase : sont proscrits « les formulations ambiguës et le recours à un langage codé, par lequel des expressions apparemment neutres ou positives recèlent des messages négatifs à l'attention des initiés ». Le Tribunal fédéral pose la même limite autrement : la liberté de rédaction de l'employeur trouve ses bornes dans l'interdiction de recourir à des termes péjoratifs, peu clairs ou ambigus (arrêt 4A_117/2007, consid. 7.1).
Le danger n'est pas l'employeur qui code volontairement — celui-là sait ce qu'il fait. C'est celui qui recopie une formule trouvée dans un modèle, la trouve élégante, et ignore qu'elle porte un message. Le certificat devient alors défavorable sans que personne ne l'ait voulu : ni l'employeur qui l'a signé, ni le collaborateur qui l'a lu sans rien y voir.
Six formules codées, et la phrase vraie qui les remplace
Six codes, et six phrases vraies
- « S'est efforcé de » — lu : le résultat n'y était pas. À la place : « A tenu le planning de son secteur sans recourir au personnel temporaire. »
- « A fait preuve de bonne volonté » — lu : volontaire mais insuffisant. À la place : « A formé trois nouveaux collaborateurs. »
- « Apprécié de tous » — lu : on loue le caractère faute de pouvoir louer le travail. À la place, la conduite décrite : « Son comportement envers ses collègues, sa hiérarchie et la clientèle a été irréprochable. »
- « Ponctuel et assidu » cité parmi les qualités — lu : il n'y avait que cela à dire. À la place, deux qualités professionnelles nommées avant toute qualité de présence.
- « Dans l'ensemble », « en règle générale » — lu : une réserve déguisée. À la place : « Ses prestations ont répondu à ce que le poste demandait. »
- « Nous quitte pour des raisons personnelles » — lu : on ne peut pas dire pourquoi. À la place : « Rui a résilié son contrat », ou rien du tout, la loi n'exigeant pas le motif.
Le silence est un code, lui aussi
Ne pas écrire la formule de satisfaction ne la rend pas neutre : son absence est lue comme un jugement. Un certificat qui décrit les tâches et s'arrête là dit quelque chose, et ce n'est pas vous qui choisissez quoi.
Section 02Une phrase relue, un poste qui ne se perd pas
Le calcul, sur une seule phrase
Relire l'appréciation avec la liste des six codes prend deux minutes, soit 1,30 franc au coût horaire médian de 38,80 francs. La phrase mal choisie, elle, voyage avec le collaborateur pendant des années et se retourne contre l'employeur le jour où il doit l'expliquer — au téléphone, ou devant un juge.
Le coût de l'inverse : la surenchère
Écrire « entière satisfaction » à tout le monde pour éviter la question vide la formule de son sens et vous expose : c'est vous qui devrez la soutenir si elle est contestée, et vos autres certificats perdent en crédibilité auprès des mêmes lecteurs.
Section 03Six formules, et ce qu'on écrit à la place
Ce que le lecteur averti comprend
La formule de satisfaction se choisit ensuite, et une seule fois : entière quand la prestation a dépassé ce que le poste demandait, simple quand elle y a répondu, remplacée par une phrase factuelle quand elle est restée en deçà. Le troisième cas est le seul qui demande du courage, et c'est aussi le seul où le silence serait pire : un certificat sans formule de satisfaction est lu comme une condamnation, sans que le collaborateur puisse en discuter le motif.
La formule de satisfaction se choisit une seule fois, et elle engage
Trois issues, et le silence qui n'en est pas une
Un arbre de décision qui part d'une seule question : la prestation, par rapport à ce que le poste demandait ? Au-dessus : « à notre entière satisfaction », qu'il faudra soutenir si elle est contestée. Conforme : « à notre satisfaction », un seul mot de moins. En deçà : une phrase factuelle, avec son fait daté et constaté. Une quatrième case, en rouge, rappelle que le silence n'est pas neutre : un certificat sans formule de satisfaction se lit comme une condamnation.
Section 04L'outil : le détecteur de formules codées
Le problème qu'il résout : on ne voit pas le code qu'on écrit soi-même. Comment s'en servir : le dernier champ du Générateur de certificat s'appelle « ce que vous alliez ajouter ». Collez-y la phrase qui vous vient — celle du modèle, celle de l'an dernier, celle que vous hésitez à mettre. Elle n'est pas recopiée dans le certificat : l'outil la relit, signale chaque formule codée qu'il y trouve en la citant telle que vous l'avez tapée, et donne la phrase factuelle à écrire à la place.
Le bloc 5 travaille en parallèle sur la formule de satisfaction. Quel que soit votre choix — au-dessus, conforme, en deçà — l'outil affiche sous le document ce que cette case produit dans le texte et comment un lecteur averti la lira. Les trois notes sont différentes, et aucune n'est un reproche : ce sont les trois décisions possibles, avec leurs suites.
Section 05Cas : la phrase que Sandra avait recopiée
Le brouillon de Sandra, avant la formation, disait ceci : « Monsieur Almeida s'est toujours efforcé de donner satisfaction. D'un naturel jovial, il était apprécié de tous et toujours ponctuel. Il nous quitte pour des raisons personnelles. » Votre mission : collez ces trois phrases dans le champ « ce que vous alliez ajouter » du Générateur, lisez les alertes, puis ouvrez le corrigé.
Voir la correction
Trois phrases, quatre codes, et un certificat qui disait l'inverse de l'intention
Ce que l'outil relève. Quatre formules sur trois phrases : « s'est efforcé », « d'un naturel jovial », « toujours ponctuel » et « pour des raisons personnelles ». Chacune est citée telle que Sandra l'a tapée, avec ce qu'un lecteur averti y lit et la phrase à écrire à la place. Le brouillon décrivait un collaborateur médiocre et parti dans le flou : Rui avait tenu son planning cinq ans et démissionné pour un autre poste.
Ce que Sandra écrit après correction. « Au cours de cette période, Rui a repris le chantier de la clinique de Chamblon sans rupture de service, a formé trois nouveaux collaborateurs et a tenu le planning de son secteur sans recourir au personnel temporaire. Nous avons été pleinement satisfaits de ses prestations, qui ont dépassé ce que le poste demandait. Son comportement envers ses collègues, sa hiérarchie et la clientèle a été irréprochable. Rui a résilié son contrat. » Même longueur, trois faits vérifiables, zéro code.
La limite de l'outil, et il faut la dire. Il repère les formules qu'il connaît, pas toutes celles qui existent : le code évolue, et une phrase peut être ambiguë sans figurer dans aucune liste. Le test qui reste à faire de tête est simple — relisez chaque phrase en vous demandant ce qu'elle dirait si vous l'aviez écrite sur quelqu'un que vous n'appréciez pas. Si la réponse change, la phrase est codée.
Retirer la formule de satisfaction pour ne pas mentir
Un employeur qui n'ose ni « entière satisfaction » ni la vérité choisit souvent de ne rien écrire. C'est le pire des trois : le lecteur y voit une réserve grave, et le collaborateur ne sait même pas laquelle.
Ce que ce réflexe a pour lui. Il évite d'affirmer ce qu'on ne pourrait pas soutenir, et c'est un bon instinct — c'est même exactement ce que la jurisprudence demande. Mais il se règle en écrivant la réserve, pas en la taisant : « ses prestations n'ont pas atteint le niveau attendu du poste : deux tournées non contrôlées en juin 2026 » est défavorable, vérifiable, et parfaitement licite.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Que dit le SECO du « langage codé » dans un certificat de travail ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Reprenez l'appréciation de votre dernier certificat, collez-la dans le champ « ce que vous alliez ajouter » du Générateur, et réécrivez ce qu'il signale.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Le SECO proscrit le langage codé : des mots positifs porteurs d'un message négatif.
- La plupart des employeurs codent sans le savoir, en recopiant un modèle.
- « Entière satisfaction » affirme une prestation au-dessus de la moyenne, et elle vous engage.
- L'absence de formule de satisfaction est lue comme une réserve grave.
- Une réserve licite s'écrit avec son fait daté, jamais par un silence.
Une formule que seul un initié comprend n'est pas de la délicatesse : c'est un message que vous n'avez pas choisi d'envoyer.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Treize minutes vues du côté qui lit : comment un recruteur prend des références et ce qu'il entend derrière une formule prudente. C'est le sujet de cette leçon pris par l'autre bout — les six formules codées de la section 03 n'existent que parce qu'elles sont lues, et lues ainsi. Langue : français.
Contrôle de références: tout savoir
Santé, syndicat, vie privée :
trois mentions qui rendent le document illicite.
Le certificat ne peut porter que sur ce qui touche à l'aptitude à remplir l'emploi. Tout le reste est illicite — et la maladie obéit à une règle d'exception précise, que le Tribunal fédéral a fixée.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Énumérer les trois familles de mentions qui n'ont pas leur place dans un certificat de travail.
Compétence 2
Appliquer la règle d'exception du Tribunal fédéral sur la mention d'une maladie.
Compétence 3
Citer la disposition qui limite les données que l'employeur peut traiter sur son collaborateur.
Données sensibles — Catégories que la loi protège particulièrement : santé, sphère intime, origine, convictions religieuses, philosophiques, politiques ou syndicales, données génétiques et biométriques, poursuites et sanctions, aide sociale. Les autres mots du module sont au glossaire.
« J'avais écrit que Rui avait été absent six mois en 2024 pour raisons de santé. Ce n'était même pas vrai pour lui, c'était pour un autre dossier — mais j'étais persuadée qu'il fallait le dire, par honnêteté. On m'a appris que c'était l'inverse : sauf cas précis, c'est interdit. » — Sandra Perrin, gérante, Perrin Nettoyages Sàrl, Yverdon-les-Bains.
Section 01Le principe de vérité n'autorise pas tout à dire
La leçon 01 a posé que la vérité prime la bienveillance. Elle ne signifie pas qu'on écrit tout ce qui est vrai. L'article 328b du Code des obligations pose la limite : « L'employeur ne peut traiter des données concernant le travailleur que dans la mesure où ces données portent sur les aptitudes du travailleur à remplir son emploi ou sont nécessaires à l'exécution du contrat de travail. » Le SECO le traduit pour le certificat : les informations sur des aspects sans lien direct avec les rapports de travail sont illicites.
Trois familles tombent sous cette règle. L'état de santé : la maladie, les arrêts de travail, l'accident, l'invalidité — ce sont des données sensibles au sens de l'art. 5 let. c ch. 2 LPD. L'appartenance ou l'activité syndicale : données sensibles également (art. 5 let. c ch. 1 LPD), et motif de congé abusif (art. 336 al. 2 let. a CO) — l'écrire dans un certificat serait doublement fautif. La vie privée et les procédures : situation familiale, religion, convictions politiques, poursuites, condamnations, litige avec l'employeur lui-même.
Trois familles ne doivent jamais y figurer, et chacune porte son article
Trois familles, et leurs articles
Une carte mentale. Au centre, ce qui ne doit jamais figurer au certificat. Première branche, la limite générale : l'art. 328b CO, qui n'autorise le traitement des données que si elles portent sur l'aptitude à remplir l'emploi ou sont nécessaires à l'exécution du contrat, et l'art. 328 CO sur la protection de la personnalité. Deuxième branche, l'état de santé : maladie, arrêts, accident, invalidité — donnée sensible au sens de l'art. 5 let. c ch. 2 LPD, sauf les deux conditions cumulatives de l'ATF 136 III 510. Troisième branche, l'activité syndicale : donnée sensible (art. 5 let. c ch. 1 LPD) et motif de congé abusif (art. 336 al. 2 let. a CO). Quatrième branche, la vie privée et les procédures : famille, religion, convictions politiques, poursuites, condamnations, et le litige avec l'employeur lui-même.
L'honnêteté mal placée est la cause la plus fréquente
Presque personne n'écrit une mention interdite pour nuire. On l'écrit parce qu'on croit devoir tout dire, ou parce qu'on veut expliquer un trou dans le parcours. C'est précisément le réflexe que la loi arrête.
Ce qui sort du certificat, et ce qui y reste
Ce qui sort, ce qui reste
- Sort du certificat : l'état de santé et les absences ; l'appartenance ou l'activité syndicale ; la situation familiale, la religion, les convictions politiques ; les poursuites, les condamnations et le litige avec vous ; l'incident isolé et anodin.
- Reste au certificat : la nature et la durée des rapports de travail ; la fonction et les fonctions successives ; les activités marquantes ; la qualité du travail ; la conduite envers les collègues, la hiérarchie et la clientèle.
Section 02Une relecture, contre un document à refaire
Le calcul, sur un certificat déjà signé
Relire une fois le document en cherchant ces trois familles prend une minute. Le retirer après coup suppose de reprendre un certificat déjà remis, souvent déjà envoyé à des employeurs — et l'action en rectification reste ouverte dix ans, sans frais judiciaires pour le collaborateur jusqu'à 30 000 francs de valeur litigieuse (art. 114 let. c CPC).
Le coût de l'inverse : taire une maladie qui devait figurer
L'exception existe. Quand une maladie a rendu le collaborateur durablement inapte à sa tâche et qu'elle a causé la fin du contrat, la taire rend le certificat incomplet — et un certificat incomplet est, lui aussi, un certificat non conforme.
Section 03Le test en quatre questions, avant de signer
Cette phrase a-t-elle sa place dans le document ?
La troisième question mérite un mot de plus, parce que c'est celle qui surprend. Le Tribunal fédéral ne dit pas que la maladie est taboue : il dit qu'elle doit être mentionnée lorsqu'elle a remis en question l'aptitude du travailleur à exécuter sa tâche et qu'elle a constitué la cause de la résiliation du contrat — condition remplie, dans l'espèce jugée, par une incapacité de plus d'une année sans perspective connue de reprise (ATF 136 III 510, consid. 4.1 et 4.4). Hors de ce cas, elle n'a rien à faire dans le document. Entre les deux, il y a un cas limite : demandez un avis avant de signer, pas après.
Le test en quatre questions, avant de signer
Quatre questions avant de signer
Une suite verticale de quatre questions, puis la signature. Un : la phrase porte-t-elle sur l'aptitude à remplir l'emploi, au sens de l'art. 328b CO ? Si non, elle sort sans autre examen. Deux : est-ce une donnée sensible au sens de l'art. 5 let. c LPD, qui en énumère six catégories ? Trois, s'il s'agit d'une maladie : a-t-elle remis en question l'aptitude à exécuter la tâche ET constitué la cause de la résiliation ? Les deux, pas l'une. Quatre : est-ce un incident isolé, ou un fait régulier qui compte dans l'appréciation d'ensemble ? La dernière case, en navy, est la signature.
Section 04L'outil : le refus motivé
Le problème qu'il résout : une mention interdite se corrige, mais encore faut-il la voir avant la signature. Comment s'en servir : saisissez normalement vos tâches, vos résultats et vos notes. Si l'un de ces champs contient une mention des trois familles, le Générateur de certificat ne produit pas le document : il affiche un refus en rouge, cite l'expression trouvée, nomme la famille concernée et donne la base légale — art. 5 let. c LPD pour les données sensibles, art. 328b CO pour la vie privée, ATF 136 III 510 pour la règle d'exception sur la maladie. Le bouton « copier » se désactive tant que la mention est là.
Ce refus est volontaire, et il est le seul de l'outil : une formule codée s'améliore, une mention interdite se retire. L'outil ne décide pas à votre place dans le cas limite de la maladie — il vous rappelle les deux conditions et vous laisse juger, parce que lui ne connaît ni le dossier médical ni le motif réel du congé.
Section 05Cas : les deux absences de l'équipe de Sandra
Deux départs la même année chez Perrin Nettoyages. Le premier : une collaboratrice absente six semaines pour une fracture, revenue à son poste, partie dix-huit mois plus tard pour un autre emploi. Le second : un collaborateur en incapacité de travail depuis quatorze mois, sans reprise prévisible, dont le contrat a été résilié pour ce motif. Votre mission : écrivez « absence pour maladie » dans le champ « notes » du Générateur, lisez le refus, puis ouvrez le corrigé.
Voir la correction
Deux dossiers, deux réponses opposées, et une seule règle
Le premier dossier : rien. La fracture n'a pas remis en question l'aptitude de la collaboratrice à tenir son poste — elle est revenue — et elle n'a pas causé son départ, survenu dix-huit mois plus tard pour un autre emploi. Aucune des deux conditions n'est remplie. La mentionner serait illicite, et expliquerait un trou de six semaines que personne ne lui demandait d'expliquer.
Le second dossier : la mention est due. Quatorze mois d'incapacité sans perspective de reprise, et une résiliation fondée sur ce motif : les deux conditions de l'ATF 136 III 510 sont réunies. Ici, taire la maladie rendrait le certificat incomplet, parce qu'elle explique à la fois la durée réelle du travail fourni et la fin du contrat. Le certificat la mentionne comme un fait, sans diagnostic ni détail médical.
Ce que l'outil fait, et ce qu'il ne fait pas. Il refuse les deux, parce qu'il ne sait pas distinguer les cas : le mot « maladie » déclenche le refus et rappelle les deux conditions. Dans le second dossier, c'est à vous de constater qu'elles sont remplies et d'écrire la phrase à la main. Un outil qui trancherait à votre place sur une donnée de santé serait plus commode et beaucoup moins prudent.
Expliquer un trou dans le parcours pour rendre service
« Absente de mars à septembre pour raisons de santé » se veut une explication bienveillante. C'est une donnée sensible écrite sur un document qui circulera pendant des années, et dont le collaborateur devra justifier à chaque entretien.
Ce que cette intention a pour elle. Un trou non expliqué suscite lui aussi des questions, et le collaborateur préférerait parfois que le certificat les ferme. La solution existe et lui appartient : il explique son parcours comme il l'entend en entretien. Ce choix est à lui, pas à l'employeur — et c'est exactement ce que protège l'art. 328b CO.
Section 06Mini-quiz & synthèse
À quelles conditions une maladie peut-elle être mentionnée dans un certificat de travail ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Relisez le dernier certificat que vous avez signé et cherchez-y les trois familles : santé, activité syndicale, vie privée ou procédure.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Le certificat ne porte que sur l'aptitude à remplir l'emploi (art. 328b CO).
- Santé, activité syndicale, vie privée : trois familles hors du document.
- Santé et activités syndicales sont des données sensibles (art. 5 let. c LPD).
- La maladie se mentionne à deux conditions cumulatives (ATF 136 III 510).
- Un incident isolé ou anodin ne se mentionne jamais.
Tout dire n'est pas être honnête : c'est écrire sur quelqu'un ce que la loi vous interdit de retenir.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Quatorze minutes sur les données du personnel et ce qui n'a pas à sortir de l'entreprise : santé, appartenance syndicale, vie privée. Deux réserves : la vidéo est de 2019 et raisonne RGPD, alors que cette leçon s'appuie sur l'art. 328b CO et sur la LPD révisée entrée en vigueur le 1er septembre 2023. Le test en quatre questions de la section 03 reste celui à passer avant de signer. Langue : français.
Le RGPD s'applique aussi aux données confidentielles des salariés
Dix ans, zéro franc :
ce que coûte une contestation, et à qui.
Un ancien collaborateur peut exiger la rectification de son certificat pendant dix ans, sans avancer de frais judiciaires. Savoir comment la procédure se déroule change la façon de rédiger — et ce qu'on garde au dossier.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Citer le délai de prescription de l'action en délivrance et en rectification, et son point de départ.
Compétence 2
Identifier qui supporte le fardeau de la preuve dans une action en rectification.
Compétence 3
Constituer le dossier qui soutient une appréciation défavorable, avant d'en avoir besoin.
Fardeau de la preuve — Chaque partie doit prouver les faits qu'elle allègue pour en déduire son droit. Les autres mots du module sont au glossaire.
« Un ancien collaborateur m'a écrit quatre ans après son départ pour faire changer deux phrases de son certificat. Je pensais que c'était trop tard. On m'a appris qu'il avait encore six ans devant lui, et que la conciliation ne lui coûterait rien. » — Sandra Perrin, gérante, Perrin Nettoyages Sàrl, Yverdon-les-Bains.
Section 01Le certificat ne se périme pas au bout d'un an
La question était ouverte jusqu'en décembre 2020 : certains plaidaient le délai de cinq ans de l'art. 128 ch. 3 CO, réservé aux créances de rémunération. Le Tribunal fédéral l'a tranchée. « Les actions en délivrance, respectivement en rectification du certificat de travail, sont soumises au délai de prescription général de dix ans selon l'art. 127 CO » (ATF 147 III 78, consid. 6.9 — arrêt 4A_295/2020 du 28 décembre 2020). Le délai court dès la fin des rapports de travail. Le SECO reprend la règle dans sa foire aux questions.
Deux conséquences pratiques. D'abord, le dossier du personnel doit survivre au collaborateur qui part : les faits qui soutiennent une appréciation défavorable ne servent à rien s'ils ont été détruits entre-temps. Ensuite, la procédure ne coûte rien à celui qui la lance : pour un litige de contrat de travail dont la valeur litigieuse n'excède pas 30 000 francs, il n'est pas perçu de frais judiciaires, ni en conciliation (art. 113 al. 2 let. d CPC) ni dans la procédure au fond (art. 114 let. c CPC), et l'affaire suit la procédure simplifiée (art. 243 al. 1 CPC).
Dix ans pour attaquer le certificat, cinq ans de registre obligatoire
Dix ans, contre cinq
Deux barres horizontales en années, sur une échelle de 0 à 12. La première, 10 ans : le délai de prescription de l'action en délivrance et en rectification du certificat, qui court dès la fin des rapports de travail. La seconde, 5 ans : la durée pendant laquelle l'art. 73 al. 2 OLT 1 impose au minimum de conserver les registres de durée du travail. Entre la sixième et la dixième année, l'employeur soutient son appréciation avec ce qu'il a choisi de garder, et non avec ce que la loi l'obligeait à garder.
L'écart qu'il faut voir : dix ans contre cinq
Le certificat reste attaquable dix ans ; le registre de durée du travail ne se conserve que cinq. Entre la sixième et la dixième année, l'employeur doit soutenir son appréciation avec ce qu'il a choisi de garder — pas avec ce que la loi l'obligeait à garder.
Section 02Deux minutes de classement, dix ans de tranquillité
Le calcul, sur un dossier
Joindre au dossier les deux ou trois constats écrits qui soutiennent une réserve prend deux minutes le jour où on les écrit. Les reconstituer six ans plus tard, quand la personne qui a constaté a quitté l'entreprise, prend un temps qu'on ne chiffre pas — parce qu'on n'y arrive plus.
Le coût de l'inverse : garder tout, indéfiniment
Conserver dix ans l'intégralité des dossiers du personnel n'est pas non plus la réponse : les données ne se traitent que dans la mesure où elles portent sur l'aptitude à remplir l'emploi (art. 328b CO). On garde les constats qui fondent une appréciation, pas tout ce qui existe.
Section 03Comment une contestation se déroule, et où elle se gagne
Quatre étapes, de la demande au jugement
Le point 3 est celui qu'on retient mal. Le fardeau de la preuve suit la règle générale de l'art. 8 CC : chaque partie prouve les faits qu'elle allègue pour en déduire son droit. C'est donc au travailleur de prouver les faits justifiant l'établissement d'un certificat différent de celui qui lui a été remis. Mais l'employeur devra collaborer à l'instruction en motivant les faits qui fondent son appréciation négative, et s'il refuse de le faire ou n'y parvient pas, le juge pourra considérer que la demande de rectification est fondée (arrêt 4A_117/2007, consid. 7.1). Autrement dit : l'employeur ne porte pas le fardeau, mais il perd s'il n'a rien à montrer.
Une contestation en quatre étapes, et l'endroit où elle se gagne
Quatre étapes, de la demande au jugement
Une chaîne de quatre étapes. Un : la demande à l'employeur d'abord — le juge n'est saisi qu'après un refus de procéder aux modifications demandées, et c'est là que la plupart des dossiers se règlent. Deux : la conciliation, sans frais judiciaires jusqu'à 30 000 francs de valeur litigieuse. Trois : la preuve, à chacun la sienne — le travailleur prouve les faits qui justifieraient un autre certificat, l'employeur doit motiver les faits qui fondent son appréciation négative. Quatre, en navy : le jugement — une appréciation défavorable non documentée tombe, et le certificat est réécrit.
Section 04L'outil : le champ « le fait constaté, daté »
Le problème qu'il résout : une réserve écrite sans fait est une réserve perdue d'avance. Comment s'en servir : dans le bloc 5 du Générateur de certificat, cochez « en deçà de ce que le poste demandait » ou « avec une réserve, constatée et écrite ». Un champ apparaît juste en dessous : « Si vous avez coché une réserve : le fait constaté, daté ». Ce que vous y écrivez entre dans le certificat, à la suite de l'appréciation — « Ses prestations n'ont pas atteint le niveau attendu du poste : deux tournées non contrôlées en juin 2026. »
Ce champ n'est pas un supplément d'information : c'est la pièce que vous devrez montrer. Si vous ne savez pas quoi y mettre, c'est que le dossier ne soutient pas la réserve — et la conclusion à en tirer n'est pas d'écrire la réserve quand même, c'est de ne pas l'écrire. L'outil affiche d'ailleurs la note correspondante sous le document dès que vous cochez « en deçà ».
Section 05Cas : la demande qui arrive quatre ans après
Un ancien collaborateur, parti en 2022, écrit à Sandra en 2026. Il demande deux corrections : que sa fonction de chef d'équipe figure — elle ne figurait pas — et que la phrase « ses prestations ont été dans l'ensemble satisfaisantes » soit reformulée. Votre mission : dans le Générateur, cochez « avec une réserve, constatée et écrite » sans rien mettre dans le champ du fait daté, puis lisez le document produit. Ouvrez ensuite le corrigé.
Voir la correction
Quatre ans sur dix, deux demandes, deux issues différentes
Le délai. Parti en 2022, il lui reste six ans : la prescription est de dix ans dès la fin des rapports de travail (ATF 147 III 78). La première réaction de Sandra — « c'est trop tard » — est fausse, et l'écrire serait un refus qui ouvre directement la voie de la conciliation.
La première demande est fondée, et elle ne se discute pas. La fonction de chef d'équipe est un fait, établi par un avenant que Sandra a au dossier. Le certificat était incomplet ; il se corrige, et le corriger ne coûte que le temps de le réimprimer. C'est le cas le plus fréquent, et le plus simple.
La seconde demande se règle sur les pièces. « Dans l'ensemble satisfaisantes » est une formule atténuée — la leçon 04 la classe parmi les six codes. Si Sandra a des constats datés qui soutiennent la réserve, elle motive et la formule tient. Si elle n'en a pas, elle n'a rien à montrer au juge, et la demande de rectification sera considérée comme fondée. Quatre ans après, les constats existent ou ils n'existent pas : c'est en 2022 que ce dossier se gagnait ou se perdait.
Répondre « c'est prescrit » sans vérifier la date
Un refus opposé à tort fait perdre la seule étape gratuite et rapide — l'échange direct — et conduit à la conciliation une affaire qui se réglait par courriel. Le délai est de dix ans, pas d'un an.
Ce que ce réflexe a pour lui. Il existe bien une limite au-delà du délai : le Tribunal fédéral réserve l'abus de droit, par exemple lorsque le travailleur attend expressément le décès de la personne compétente ou la destruction des pièces pour agir. Mais c'est une exception étroite, qui se soulève avec des éléments — pas une réponse à donner d'emblée par courriel.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Quel délai de prescription s'applique à l'action en délivrance ou en rectification d'un certificat de travail ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Pour la prochaine réserve que vous écrirez dans un certificat, classez le jour même le constat daté qui la soutient, dans le dossier du collaborateur.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- L'action se prescrit par dix ans dès la fin des rapports de travail (ATF 147 III 78).
- Le litige est gratuit pour les deux parties jusqu'à 30 000 CHF de valeur litigieuse.
- Le travailleur prouve les faits justifiant un certificat différent (art. 8 CC).
- L'employeur doit motiver son appréciation défavorable, sinon la rectification est fondée.
- Le juge ne peut être saisi qu'après un refus de l'employeur de corriger.
Une réserve sans pièce au dossier n'est pas une appréciation : c'est une rectification en attente.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Dix-sept minutes avec un avocat sur les documents de fin de contrat et sur ce qui se passe quand l'ancien collaborateur conteste ce qu'il a reçu. Réserve de cadre : la procédure décrite est française. En Suisse, la créance du collaborateur sur son certificat se prescrit par dix ans (art. 127 CO, ATF 147 III 78), et c'est l'art. 8 CC qui répartit la charge de la preuve — d'où le champ « le fait constaté, daté » de la section 04. Langue : français.
#10 J'peux pas, j'suis viré(e) #3 les documents de fin de contrat
Glossaire :
le certificat de travail suisse.
15 termes, chacun avec sa source vérifiable, puis tous les chiffres du module avec leur base de calcul et tous les outils employés avec leur prix.
Glossaire15 termes clés
Certificat de travail complet
Document portant sur la nature et la durée des rapports de travail, ainsi que sur la qualité du travail et la conduite du collaborateur. C'est la forme de principe : elle se délivre sans demande particulière.
Source : Fedlex — CO (RS 220), art. 330a al. 1 ↗Certificat de travail simple (attestation de travail)
Document limité à la nature et à la durée des rapports de travail, sans appréciation. Il ne se délivre qu'à la demande expresse du travailleur — jamais à l'initiative de l'employeur.
Source : ATF 129 III 177, regeste ↗Certificat intermédiaire
Certificat délivré pendant la durée des rapports de travail, par opposition au certificat final. Il découle du « en tout temps » de l'art. 330a al. 1 CO et se rédige au présent.
Source : SECO — FAQ « Certificat de travail » ↗Principe de vérité
Règle selon laquelle le certificat doit donner aux futurs employeurs une image aussi fidèle que possible de l'activité, des prestations et du comportement du travailleur. Il prime la bienveillance quand les deux se contredisent.
Source : ATF 136 III 510, consid. 4.1 ↗Principe de bienveillance
Règle selon laquelle le certificat doit favoriser l'avenir professionnel du travailleur et être formulé avec ménagement. Elle s'exerce à l'intérieur de ce qui est vrai, jamais contre.
Source : ATF 129 III 177, consid. 3.2 ↗Langage codé
Formulations dont le sens caché n'est connu que des lecteurs initiés et reste dissimulé au lecteur ordinaire. Le SECO les proscrit explicitement, avec les formulations ambiguës.
Source : SECO — conditions matérielles ↗Formule de satisfaction
Phrase qui qualifie la prestation : entière quand elle dépasse ce que le poste demandait, simple quand elle y répond. Le travailleur qui n'établit pas une qualité au-dessus de la moyenne ne peut pas exiger l'entière.
Source : TF, arrêt 4A_117/2007, consid. 7.1 ↗Activités marquantes
Les fonctions importantes et les activités qui ont pesé dans le poste, avec leur durée. C'est ce que le certificat décrit — pas le cahier des charges entier.
Source : SECO — exigences du certificat complet ↗Données sensibles
Catégories que la loi protège particulièrement : santé, sphère intime, origine, convictions religieuses, philosophiques, politiques ou syndicales, données génétiques et biométriques, poursuites et sanctions, aide sociale.
Source : Fedlex — LPD (RS 235.1), art. 5 let. c ↗Limite du traitement des données (art. 328b CO)
L'employeur ne peut traiter des données concernant le travailleur que si elles portent sur son aptitude à remplir l'emploi ou sont nécessaires à l'exécution du contrat. C'est la borne de tout ce qui entre au certificat.
Source : Fedlex — CO (RS 220), art. 328b ↗Protection de la personnalité (art. 328 CO)
Obligation générale de l'employeur de protéger et de respecter la personnalité du travailleur dans les rapports de travail. Elle fonde l'interdiction des mentions dévalorisantes gratuites dans le certificat.
Source : Fedlex — CO (RS 220), art. 328 ↗Action en rectification
Action ouverte au travailleur qui estime le contenu du certificat faux ou incomplet, après refus de l'employeur de procéder aux modifications demandées.
Source : TF, arrêt 4A_117/2007, consid. 7.1 ↗Prescription de dix ans
Les actions en délivrance et en rectification du certificat sont soumises au délai général de dix ans, qui court dès la fin des rapports de travail. Question tranchée par le Tribunal fédéral le 28 décembre 2020.
Source : ATF 147 III 78, consid. 6.9 ↗Fardeau de la preuve
Chaque partie doit prouver les faits qu'elle allègue pour en déduire son droit. Le travailleur prouve les faits justifiant un certificat différent ; l'employeur doit motiver son appréciation négative.
Source : Fedlex — Code civil (RS 210), art. 8 ↗Gratuité du litige de travail
Il n'est pas perçu de frais judiciaires pour un litige de contrat de travail dont la valeur litigieuse n'excède pas 30 000 francs, ni en conciliation ni dans la procédure au fond. L'affaire suit la procédure simplifiée.
Source : Fedlex — CPC (RS 272), art. 113 al. 2 let. d, 114 let. c, 243 al. 1 ↗ChiffresTous les chiffres du module, avec leur base
Six des quinze termes du glossaire viennent de la jurisprudence, pas de la loi
Quinze termes, six sources
Un camembert à six parts, sur les 15 termes du glossaire. La jurisprudence du Tribunal fédéral en fonde 6 : certificat simple, principe de vérité, principe de bienveillance, formule de satisfaction, action en rectification, prescription de dix ans. Le Code des obligations en fonde 3 : certificat complet, limite du traitement des données, protection de la personnalité. Le SECO en fonde 3 : certificat intermédiaire, langage codé, activités marquantes. La loi sur la protection des données en fonde 1, le Code civil 1, le Code de procédure civile 1. La part la plus large est celle de la jurisprudence — l'article de loi, lui, tient en deux alinéas.
10 ans — la prescription
Délai de l'action en délivrance et en rectification, dès la fin des rapports de travail. Base : art. 127 CO, tel qu'appliqué au certificat par le Tribunal fédéral le 28.12.2020.
ATF 147 III 78, consid. 6.9 ↗30 000 CHF — le seuil de gratuité
Valeur litigieuse en dessous de laquelle un litige de contrat de travail ne donne lieu à aucun frais judiciaire et suit la procédure simplifiée. Base : art. 113 al. 2 let. d, 114 let. c et 243 al. 1 CPC.
Fedlex — CPC (RS 272) ↗19,2 sur 100 — la mobilité
Part des personnes qui exerçaient une activité professionnelle en 2018 et ont quitté leur poste en l'espace d'un an : 12,7 ont changé d'emploi, 6,5 ont changé de statut sur le marché du travail.
OFS, ESPA, « La mobilité professionnelle en Suisse », octobre 2020 ↗7 024 CHF — le salaire médian
Salaire mensuel brut médian suisse pour un poste à plein temps en 2024, secteurs privé et public confondus. Premiers résultats de l'enquête suisse sur la structure des salaires.
OFS — ESS 2024 ↗38,80 CHF — le coût d'une heure
Base de calcul : 7 024 CHF ÷ 181 heures par mois. Les 181 heures viennent de la durée hebdomadaire contractuelle moyenne de 41 h 47 min en 2024, multipliée par 52 et divisée par 12. Salaire brut, hors charges patronales.
OFS — heures de travail en 2024, communiqué du 22.05.2025 ↗5 ans — la conservation des registres
Durée minimale de conservation des registres et pièces relatifs à la durée du travail. Base : art. 73 al. 2 OLT 1. Elle est inférieure de cinq ans à la prescription du certificat.
Fedlex — OLT 1 (RS 822.111) ↗68 mois — le cas fil rouge
Durée exacte des rapports de travail de Rui Almeida : du 01.03.2021 au 31.10.2026, soit cinq ans et huit mois. Chiffre du cas de la formation, recalculable depuis les deux dates.
8 certificats et 4 heures par an
Base : 18 postes × 19,2 départs pour 100 personnes actives occupées par an ≈ 3 à 4 départs, plus les certificats intermédiaires ; 8 × 30 minutes = 4 heures, soit environ 155 CHF à 38,80 CHF l'heure.
OutilsTous les outils du module, avec leur prix
Un seul outil, sept usages : ce que chaque leçon met en avant
Un outil, sept usages
Une suite de sept marches qui progressent vers la droite. Leçon 01 : le générateur en entier. Leçon 02 : le sélecteur de type, au point 1. Leçon 03 : les blocs 3 et 4, la durée et les tâches. Leçon 04 : le détecteur de formules codées. Leçon 05 : le refus motivé. Leçon 06 : le champ « le fait constaté, daté ». Leçon 07, en navy : la chaîne complète, et la liste de huit points. Le module n'a qu'un outil ; ce sont ses parties qui changent de leçon en leçon.
Générateur de certificat de travail — Dé Click
L'outil de la formation. Choix du type, saisie des faits, composition dans l'ordre légal, détection des formules codées, refus motivé des mentions interdites, bouton « copier ». Rien n'est transmis : tout est calculé dans le navigateur.
SECO — FAQ « Certificat de travail »
La liste officielle de ce que doit contenir un certificat complet, les conditions formelles et matérielles, et l'interdiction du langage codé. La référence gratuite la plus directe pour un employeur suisse.
Gratuit — seco.admin.ch ↗Fedlex — le texte de la loi
Le recueil systématique du droit fédéral : CO (RS 220), LPD (RS 235.1), CPC (RS 272), OLT 1 (RS 822.111), Code civil (RS 210). Chaque article cité dans le module y a été vérifié.
Gratuit — fedlex.admin.ch ↗Tribunal fédéral — la jurisprudence
Les arrêts cités dans le module, consultables en texte intégral et gratuitement : ATF 129 III 177, ATF 136 III 510, ATF 147 III 78 (arrêt 4A_295/2020), arrêt 4A_117/2007.
Gratuit — bger.ch ↗Portail PME du SECO — droit du travail
La rubrique du Portail PME qui résume les bases du droit du travail pour les petites et moyennes entreprises et renvoie aux pages détaillées du SECO.
Gratuit — kmu.admin.ch ↗Votre traitement de texte
Word ou Google Docs, pour mettre le certificat copié depuis l'outil sur votre papier à en-tête, le dater et l'imprimer. Aucun achat supplémentaire : c'est la licence que l'entreprise paie déjà.
Votre dossier du personnel
Contrat, avenants, lettre de résiliation, registre de durée du travail : les quatre pièces d'où sortent toutes les données factuelles du certificat. Aucun outil ne remplace ce relevé.
Les huit certificats de l'année,
en une routine de trente minutes.
Tout ce que les six leçons ont posé se déroule ici sur un cas complet : un collaborateur qui part, un dossier, trente minutes, un document signé. Puis la façon de tenir cette cadence toute l'année.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Dérouler la chaîne complète, du dossier au certificat signé, en trente minutes.
Compétence 2
Organiser la production des certificats de l'année sans les repousser.
Compétence 3
Vérifier un certificat rédigé par quelqu'un d'autre avec une liste de huit points.
« Avant, un certificat me prenait trois semaines : une semaine à le repousser, une semaine à chercher les dates, une semaine à ne pas savoir comment tourner la phrase. Maintenant j'ouvre le dossier, je remplis, je relis, je signe. Le plus long, c'est de retrouver l'avenant. » — Sandra Perrin, gérante, Perrin Nettoyages Sàrl, Yverdon-les-Bains.
Section 01Ce que coûte un certificat repoussé
Le certificat n'est presque jamais difficile : il est reporté. On attend d'avoir le temps, puis d'avoir le dossier, puis d'avoir trouvé la bonne formule — et trois semaines passent pendant lesquelles l'ancien collaborateur relance, postule sans document, et finit par écrire un courrier plus ferme. Le travail effectif reste de trente minutes ; ce sont les allers-retours qui coûtent.
Sur une entreprise de dix-huit personnes, le taux de rotation suisse donne environ trois à quatre départs par année — 19,2 personnes sur 100 quittent leur poste en l'espace d'un an, dont 12,7 pour un autre emploi (OFS, ESPA, octobre 2020). En y ajoutant les certificats intermédiaires demandés en cours de contrat, Perrin Nettoyages en produit huit par an. Huit fois trente minutes font quatre heures dans l'année, soit environ 155 francs au coût horaire médian de 38,80 francs. C'est le prix réel de la conformité, et il est faible : ce qui coûte, c'est de ne pas l'organiser.
Le bon moment, c'est le jour de la résiliation
Le dossier est ouvert, les faits sont frais, la personne est encore là pour préciser une date. Attendre le dernier jour, c'est perdre les trois.
Section 02Quatre heures par an, et plus aucune relance
Le calcul, sur une année
Huit certificats à trente minutes : quatre heures, environ 155 francs. Le même travail étalé sur trois semaines par dossier ajoute les relances, les recherches de pièces répétées et les appels des recruteurs — sans améliorer d'une ligne le document produit.
Le coût de l'inverse : la chaîne trop rapide
Trente minutes n'est pas dix : le relevé du dossier en prend dix, la saisie cinq, la relecture cinq, et les dix dernières servent à la phrase d'appréciation, qui est la seule vraie décision du document. Une chaîne de dix minutes produit un certificat correct sur la forme et vide sur le fond.
Les trente minutes, partagées en cinq temps
Trente minutes, en cinq parts
Une barre unique de trente minutes, partagée en cinq temps. Le relevé du dossier : 10 minutes. Le choix du type : 2 minutes. L'appréciation : 10 minutes. La relecture des six formules codées et des trois familles interdites : 5 minutes. La date, la signature et le classement des pièces : 3 minutes. Dix plus deux plus dix plus cinq plus trois font trente. Le tiers du temps va à l'appréciation, parce que c'est la seule vraie décision du document.
Section 03La routine de trente minutes, minutée
Du dossier au document signé
Trois habitudes tiennent cette cadence toute l'année. Ouvrir le certificat le jour de la résiliation, pas le dernier jour. Écrire un constat daté chaque fois qu'un fait mériterait de figurer dans un certificat — deux lignes suffisent, et c'est la pièce de la leçon 06. Et délivrer un certificat intermédiaire à chaque changement de supérieur ou de fonction : celui qui a vu travaille pendant qu'il se souvient.
Trois habitudes tiennent la cadence toute l'année
Trois habitudes qui se referment sur elles-mêmes
Un cycle à trois temps, dont la dernière flèche revient au point de départ. Ouvrir le certificat le jour de la résiliation, pas le dernier jour. Écrire un constat daté chaque fois qu'un fait mériterait de figurer dans un certificat. Délivrer un certificat intermédiaire à chaque changement de supérieur ou de fonction, pour que celui qui a vu écrive pendant qu'il se souvient. Puis on recommence au départ suivant.
Section 04L'outil : la chaîne complète, et la liste de huit points
Le problème qu'il résout : un certificat relu par la personne qui l'a écrit se relit mal. Comment s'en servir : déroulez le Générateur de certificat de haut en bas, une fois, sans revenir en arrière — les six blocs suivent l'ordre de la routine ci-dessus. Puis relisez le document produit avec les huit points de contrôle, dans cet ordre : le type est-il justifié ? les deux dates sont-elles au jour près ? le taux figure-t-il ? les fonctions successives sont-elles datées ? y a-t-il entre trois et six activités marquantes ? l'appréciation porte-t-elle sur la qualité du travail et sur la conduite ? une réserve, si elle existe, est-elle soutenue par un fait daté ? le document porte-t-il un lieu, une date et une signature qui engage ?
Ces huit points servent aussi à relire le certificat rédigé par un chef d'équipe ou un responsable de secteur avant de le signer. C'est l'usage le plus utile de l'outil dans une entreprise de plus de dix personnes : celui qui rédige n'est pas toujours celui qui signe, et c'est le signataire qui répond du document.
Section 05Cas fil rouge : les trente minutes du certificat de Rui
Le 29 juillet 2026, Rui Almeida remet sa lettre de résiliation pour le 31 octobre. Sandra ouvre le dossier le jour même. Elle a trente minutes entre deux tournées. Votre mission : déroulez la chaîne entière dans le Générateur — bouton « Remplir avec le cas de la leçon », puis modifiez la qualité du travail en « en deçà » pour voir ce que produit l'autre décision. Revenez ensuite sur « au-dessus », et ouvrez le corrigé.
Voir la correction
Dix minutes de dossier, cinq de saisie, dix d'appréciation, cinq de relecture
Le relevé (10 min). Contrat du 12 février 2021, entrée en service le 1er mars. Avenant du 20 décembre 2022 : chef d'équipe au 1er janvier 2023. Résiliation remise le 29 juillet 2026 pour le 31 octobre. Registre du temps : 100 % sur toute la durée. Soit 68 mois, dont 22 comme nettoyeur et 46 comme chef d'équipe.
Le type et la saisie (5 min). Aucune demande de certificat simple au dossier : complet, art. 330a al. 1 CO. Quatre activités marquantes saisies une par ligne, trois résultats. L'outil compose la phrase.
L'appréciation (10 min). C'est ici que se joue le document. Sandra coche « au-dessus de ce que le poste demandait », et l'outil affiche sa note : cette formule affirme une prestation supérieure à la moyenne et l'engage — le travailleur qui n'établit pas une telle qualité ne peut d'ailleurs pas l'exiger (arrêt 4A_117/2007, consid. 7.1). Sandra vérifie qu'elle a de quoi la soutenir : la reprise du chantier de Chamblon, les trois collaborateurs formés, le planning tenu sans personnel temporaire. Trois faits au dossier, la formule tient.
La relecture et la signature (5 min). Zéro formule codée signalée, aucun refus. Date du 31 octobre 2026, signature de la gérante. Les trois pièces qui soutiennent l'appréciation sont classées le jour même : c'est ce qui vaudra en 2030 si quelqu'un revient dessus (ATF 147 III 78).
Faire les huit certificats de l'année le même jour, en décembre
Grouper la tâche semble efficace. En réalité, les dossiers les plus anciens ont perdu leurs faits, les collaborateurs sont partis sans document depuis des mois, et l'appréciation se rédige de mémoire — c'est-à-dire mal.
Ce que le groupage a pour lui. Il évite de rouvrir huit fois le même logiciel et la même méthode, et pour les certificats intermédiaires demandés sans urgence, une matinée groupée en janvier est parfaitement raisonnable. La règle se limite donc aux certificats finaux : ceux-là s'ouvrent le jour de la résiliation, pendant que le dossier est vivant.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Dans la routine de trente minutes, quelle étape occupe le tiers du temps et constitue la seule vraie décision ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Ouvrez le certificat du prochain collaborateur qui vous remet sa résiliation, le jour même, et déroulez les cinq étapes dans l'ordre.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Le certificat s'ouvre le jour de la résiliation, pas le dernier jour.
- La routine tient en cinq étapes minutées : relevé, type, appréciation, relecture, signature.
- L'appréciation occupe dix minutes sur trente : c'est la seule vraie décision.
- Huit certificats par an font quatre heures, soit environ 155 francs.
- Les pièces qui soutiennent l'appréciation se classent le jour même.
Un certificat ne prend jamais trois semaines : il prend trente minutes, trois semaines plus tard.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Onze minutes sur la séquence complète d'un départ, formalité par formalité : c'est la routine de trente minutes de cette leçon vue de plus haut. Réserve de cadre : les formalités citées ne sont pas les suisses ; la liste de huit points de la section 04 est celle qui fait foi. Langue : français.
Les formalités de départ des salariés
Validez vos acquis :
un certificat de travail conforme, en trente minutes.
Dix questions sur les sept leçons, auto-corrigées, réponses justifiées. Seuil de réussite : 70 %, soit 7 bonnes réponses sur 10.
Validez vos acquis — Rédiger un certificat de travail conforme
10 questions sur les 7 modules. Score minimum : 70 % (7/10). Répondez à tout, puis cliquez « Corriger ».
Le seuil de réussite : sept bonnes réponses sur dix
Sept sur dix
Un anneau à deux parts, sur les 10 questions de l'évaluation. Part à atteindre : 7 bonnes réponses, soit le seuil de 70 %. Marge : 3 réponses. C'est le seuil annoncé dans le bandeau de chaque leçon, et il est le même dans toutes les formations Dé Click.
Une formation entière, parmi plus de 50 par univers
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