IA51 — Dicter ses e-mails et comptes rendus en 30 min
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Les 9 onglets sont ouverts — les six leçons, le récapitulatif avec son étude de cas, le glossaire et l'évaluation finale. Chaque leçon embarque son outil intégré entièrement fonctionnel, son cas pratique corrigé et son quiz, à l'identique de l'espace apprenant. Choisissez une leçon dans les onglets, et basculez à volonté entre la vue illustrée, faite de schémas et de graphiques, et la vue écrite, qui porte le texte complet. La vidéo de chaque leçon se trouve en fin de vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance, aux côtés du contenu, de l'outil, de l'exercice et du quiz.
Dicter ses e-mails et comptes rendus en 30 min
Sept leçons pour parler au lieu de taper, sans rien lâcher de ce qui engage : choisir une dictée selon l'endroit où part votre voix, poser la ponctuation sans la prononcer trente fois, écrire l'e-mail qui obtient une réponse, bâtir un compte rendu de quinze lignes que tout le monde lit, et savoir ce que le Code pénal dit d'une séance enregistrée.
La réponse gratuite existe.
Elle ne vous fait pas gagner une minute.
Posez la question à une IA généraliste sans lui dire que vous êtes en Suisse : voici le genre de réponse qu'elle donne. Elle est correcte, et elle ne contient ni article de loi, ni chiffre avec sa base, ni un texte que vous puissiez envoyer. Cette leçon produit les trois.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Citer l'article du Code pénal suisse qui s'applique dès qu'une séance est enregistrée, et la peine encourue.
Compétence 2
Chiffrer ce que coûte une heure de rédaction dans votre entreprise, avec la base de calcul.
Compétence 3
Produire un texte dicté, ponctué et prêt à envoyer, avec le Dictaphone Dé Click.
Dictée (saisie vocale) — Conversion de la parole en texte au fil de l'élocution, dans le champ où l'on écrit. Les autres mots du module sont au glossaire.
« J'ai demandé à une IA comment dicter mes comptes rendus de chantier. Elle m'a donné six conseils très raisonnables. Le vendredi suivant, j'avais toujours mes deux comptes rendus à taper, et je ne savais toujours pas si j'avais le droit d'enregistrer la séance. » — Sandrine Mottiez, responsable d'exploitation, Mottiez & Dubois Sàrl, chauffage-sanitaire, Martigny.
Section 01La question, et la réponse qu'on obtient tout seul
La question, telle qu'on la tape, sans contexte, sans pays, sans métier : « Comment dicter un compte rendu de réunion ? » Voici la réponse type, celle qu'on obtient d'un assistant grand public quand on ne lui dit rien de plus. Ce n'est pas la citation d'un produit précis : ce qui compte ici, c'est ce qu'elle ne dit pas.
« Comment dicter un compte rendu de réunion ? »
« Voici une méthode simple pour dicter un compte rendu de réunion efficacement.
1. Préparez-vous avant de dicter. Relisez votre ordre du jour et vos notes prises pendant la réunion. Listez les points abordés dans l'ordre chronologique. Repérez les décisions prises et les actions à mener.
2. Choisissez votre outil de dictée. Sur smartphone : l'application Dictaphone ou le micro du clavier. Sur ordinateur : la saisie vocale de Word, de Google Docs (Outils > Saisie vocale), ou la dictée intégrée à Windows et à macOS. Des outils spécialisés comme Otter.ai, Notta ou Dragon proposent une transcription automatique.
3. Structurez votre dictée. Dictez en suivant un plan fixe : date, heure, lieu, participants et absents excusés ; ordre du jour ; pour chaque point, le sujet, l'essentiel des échanges et la décision ; les actions, avec qui fait quoi et pour quand ; la date de la prochaine réunion.
4. Parlez clairement. Articulez, gardez un rythme régulier, évitez les hésitations. Dictez la ponctuation à voix haute : « virgule », « point », « à la ligne ». Faites des phrases courtes. Épelez les noms propres et les sigles.
5. Relisez et corrigez. La dictée automatique fait des erreurs, surtout sur les noms, les chiffres et le vocabulaire technique. Relisez systématiquement avant d'envoyer.
6. Quelques bonnes pratiques. Dictez juste après la réunion, tant que tout est frais. Restez factuel et neutre : un compte rendu n'est pas un verbatim. Faites valider le compte rendu par les participants avant diffusion.
N'hésitez pas si vous voulez un modèle de compte rendu type ! »
Rien n'est faux. Trois choses manquent, et elles se voient en une lecture. Le droit : pas un mot sur l'enregistrement de la séance, alors que c'est le premier geste que suggère « dictez juste après la réunion ». Le chiffre : « efficacement » n'est chiffré nulle part, donc invérifiable. Le livrable : trois noms d'outils sont cités sans un prix, sans dire où part l'audio, et à la fin de la lecture vous n'avez toujours pas une ligne de texte.
Cent cinquante-trois mots à la voix, cinquante-deux au clavier
Voix contre clavier, en mots par minute
- À la voix : 153 mots par minute.
- Au clavier : 52 mots par minute.
- Le rapport des deux : 2,93 fois plus vite, en laboratoire, en anglais, sur des messages courts.
Le piège de la réponse plausible
Une réponse générale est rarement fausse : elle est juste vide aux endroits qui engagent. C'est là que se loge le risque — on applique un conseil raisonnable dans un pays dont le conseil n'a pas tenu compte.
Section 02Ce que la dictée reprend, chiffré en francs
Le calcul, sur les comptes rendus de Sandrine
Deux comptes rendus de chantier par semaine, quarante minutes chacun : 80 minutes par semaine, 46 semaines travaillées, soit 61 heures par an — environ 2 450 francs à 40 francs de l'heure. Sur ces quarante minutes, vingt-cinq sont de la frappe et quinze de la relecture. La dictée ne touche qu'à la frappe : vingt-cinq minutes divisées par trois font huit minutes, la relecture ne bouge pas. 23 minutes au lieu de 40, soit 26 heures par an, environ 1 040 francs.
Le coût de l'inverse : dicter sans relire
La même étude mesure ce que la dictée laisse derrière elle : 1,30 % de mots faux dans le texte final contre 0,79 % au clavier. Sur un compte rendu de 600 mots, cela fait huit mots faux au lieu de cinq — et ce sont les noms, les montants et les dates qui tombent. Un montant erroné dans un compte rendu de chantier coûte plus cher que vingt minutes de frappe.
Section 03Les 4 gestes d'une dictée qui donne un livrable
Décider, dicter, nettoyer, relire
Ce que la réponse gratuite ne contient pas
La réponse générale et les trois manques
- Une IA généraliste donne six conseils raisonnables : préparer, choisir un outil, structurer, parler clairement, relire, dicter tôt.
- Elle ne cite aucun article de loi : l'art. 179ter CP n'y figure pas.
- Elle ne donne aucun chiffre avec sa base : « efficacement » n'est pas mesuré.
- Elle ne produit aucun texte : trois outils sont nommés sans prix et sans dire où part l'audio.
Section 04Votre outil : le Dictaphone Dé Click
Le problème qu'il résout : sortir de la leçon avec un texte, pas avec une liste de conseils. Comment s'en servir : cliquez sur « Dicter », parlez ; ou tapez, ou collez. Puis « Nettoyer », puis « Mettre en compte rendu », puis « Copier ». Aucun compte, rien n'est envoyé à Dé Click — mais lisez la ligne d'état : elle vous dit qui, du navigateur ou de votre machine, fait la reconnaissance.
Section 05Cas : le compte rendu de chantier de Sandrine
Sandrine sort de la séance de chantier des Épineys. Votre mission : dictez, ou collez dans le Dictaphone, exactement ceci — « la pompe à chaleur est livrée virgule le raccordement est repoussé de deux semaines point le supplément annoncé par l'entreprise Dubois est de 1850 francs point nouvelle ligne la régie valide le montant avant vendredi point » — remplissez les quatre champs, puis cliquez sur Nettoyer et sur Mettre en compte rendu, avant d'ouvrir le corrigé.
Voir la correction
Trois phrases dictées, un compte rendu copiable — et 1’850 écrit comme en Suisse
Ce que « Nettoyer » affiche. « La pompe à chaleur est livrée, le raccordement est repoussé de deux semaines. Le supplément annoncé par l'entreprise Dubois est de 1’850 francs.
La régie valide le montant avant vendredi. » Quatre transformations, toutes mécaniques : « virgule » et « point » deviennent des signes, « nouvelle ligne » devient un retour à la ligne, les majuscules de début de phrase sont posées, et 1850 devient 1’850 — l'apostrophe des milliers, qui est la façon suisse d'écrire un montant. Aucune de ces quatre corrections ne demandait un jugement : c'est précisément pour cela qu'elles reviennent à l'outil.
Ce que « Mettre en compte rendu » ajoute. L'en-tête avec l'objet, la date du jour, le lieu et les présents ; puis les cinq blocs vides à remplir — points traités, décisions, actions, points ouverts, prochaine séance. Le texte dicté atterrit dans « Points traités ». Le bouton Copier met l'ensemble dans le presse-papiers : il ne reste qu'à le coller dans un e-mail. C'est le livrable. Il est sorti en quatre minutes, pas en quarante.
Le piège du corrigé, et il est dans le texte. « L'entreprise Dubois » a de bonnes chances de sortir « l'entreprise du bois » : les deux se prononcent pareil, et la dictée n'a aucune raison de préférer l'un. Aucun nettoyage automatique ne peut trancher cela — c'est le geste 4 de la méthode, la relecture des noms propres, et c'est la raison pour laquelle l'outil écrit lui-même « À relire avant envoi : les noms propres, les montants, les dates » au bas de chaque compte rendu.
Et ce que l'outil ne fait pas. Il ne vérifie rien. Si Sandrine a entendu 1’850 alors que Dubois a dit 1’580, le compte rendu sera parfaitement ponctué et parfaitement faux. C'est l'inconvénient d'un outil de mise en forme : il augmente la confiance dans un texte sans rien garantir de son contenu. Il fait gagner la frappe, pas l'attention.
Dicter en corrigeant au fur et à mesure
Reprendre chaque hésitation pendant qu'on parle ramène la dictée à la vitesse de la frappe, avec en prime un texte décousu. La correction se fait après, sur un texte entier, à l'écrit.
Ce que cette erreur a pour elle. Sur une phrase unique — une réponse d'une ligne, un objet d'e-mail — corriger en parlant est plus rapide que de nettoyer ensuite, et personne ne s'en plaindra. Le geste n'est donc pas à proscrire : il est à réserver aux textes qui tiennent en une phrase.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Que risque, en droit suisse, celui qui enregistre sans le consentement des autres une séance à laquelle il participe ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Dictez votre prochain compte rendu dans le Dictaphone au lieu de le taper, et chronométrez les deux : vous saurez ce que la dictée vous rapporte chez vous, pas en laboratoire.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Une réponse générale n'est pas fausse : elle est vide aux endroits qui engagent.
- Enregistrer une séance sans le consentement des autres : art. 179ter CP, un an au plus, sur plainte.
- La voix mesure 153 mots par minute contre 52 au clavier — en laboratoire, en anglais.
- Elle laisse 1,30 % de mots faux contre 0,79 % : la relecture n'est pas optionnelle.
- Quatre gestes : décider, dicter, nettoyer, relire — et l'outil n'en fait qu'un.
Un conseil se lit en deux minutes. Un compte rendu s'envoie.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Dix-neuf minutes sur une dictée gratuite qui tourne sur la machine de l'utilisateur. C'est l'autre bout du chemin ouvert par cette leçon : là où le Dictaphone Dé Click passe par le navigateur, un outil local ne fait sortir aucun son. Langue : français.
Quatre dictées gratuites.
Elles n'envoient pas vos mots au même endroit.
Windows, macOS, Google Docs, Whisper : toutes gratuites, toutes en français. Ce qui les sépare n'est pas le prix, c'est le trajet de votre voix — et c'est ce trajet qui décide de ce que vous avez le droit de dicter.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Nommer quatre outils de dictée gratuits et dire, pour chacun, où part l'audio.
Compétence 2
Reconnaître une donnée sensible au sens de l'art. 5 let. c LPD dans ce que vous alliez dicter.
Compétence 3
Choisir l'outil juste en trois questions, avec le Choisisseur de dictée.
Whisper — Modèle de reconnaissance vocale publié par OpenAI, code et poids sous licence MIT, exécuté sur la machine de l'utilisateur. Les autres mots du module sont au glossaire.
« J'utilisais la dictée du navigateur pour tout, y compris pour préparer l'entretien d'un collaborateur en arrêt. Le jour où j'ai lu que l'audio partait sur un serveur, j'ai arrêté net — et j'ai découvert qu'une dictée qui ne sort pas de mon Mac existait, gratuitement, depuis le début. » — Sandrine Mottiez, responsable d'exploitation, Mottiez & Dubois Sàrl, Martigny.
Section 01Gratuit ne veut pas dire chez vous
Quatre dictées sont gratuites et prennent le français. Windows ouvre la sienne par Windows + H, sur Windows 10 et 11 ; Microsoft écrit dans sa propre aide qu'elle s'appuie sur la reconnaissance vocale en ligne des services vocaux Azure, donc qu'elle demande une connexion. macOS active la sienne dans Réglages Système, clavier, Dictée ; Apple indique que les réglages du clavier permettent de vérifier si vos saisies vocales sont traitées sur l'appareil, et donc si elles ne sont pas envoyées aux serveurs Siri. Google Docs propose la saisie vocale dans le menu Outils, gratuitement, dans un navigateur pris en charge. Whisper, publié par OpenAI sous licence MIT, s'installe sur votre machine : le modèle multilingue turbo pèse 809 millions de paramètres et tourne en local — rien ne sort.
La dictée qui vit dans une page web, elle, passe par l'API du navigateur. La documentation de référence est explicite : « sur certains navigateurs, comme Chrome, utiliser la reconnaissance vocale dans une page web fait appel à un moteur de reconnaissance côté serveur ; votre audio est envoyé à un service web pour y être traité, et cela ne fonctionne donc pas hors connexion. » Le Dictaphone Dé Click n'échappe pas à cette règle, et il l'écrit lui-même dans sa ligne d'état. Dire « gratuit » ne répond donc jamais à la seule question qui compte : est-ce que ce que je vais dire a le droit de sortir d'ici ?
Trois questions, et l'outil est désigné
L'arbre de décision du choix d'un outil de dictée
- Première question : la donnée est-elle sensible au sens de l'art. 5 let. c LPD ? Si oui, l'audio ne sort pas : Whisper en local, ou la dictée macOS traitée sur l'appareil.
- Si non, deuxième question : avez-vous une connexion ? Sans connexion, seules la dictée sur l'appareil et Whisper répondent.
- Avec une connexion, troisième question : quel appareil ? Windows ouvre sa dictée par Windows + H, le Mac par ses Réglages Système, et une page web par le Dictaphone Dé Click.
Le piège du « c'est gratuit, donc c'est sans risque »
Le prix mesure ce que vous payez, pas ce que vous cédez. Les quatre dictées gratuites de cette leçon n'ont pas le même trajet, et deux d'entre elles conviennent à des données que les deux autres ne devraient jamais voir.
Section 02Ce que le bon choix évite, chiffré
Le calcul, sur une seule question posée avant de parler
Choisir son outil prend trente secondes. Confier un traitement de données à un sous-traitant sans que les conditions légales soient réunies expose, sur plainte, à une amende de 250 000 francs au plus, encourue par la personne privée elle-même (art. 61 let. b LPD). Le rapport entre les deux n'a pas besoin d'être commenté.
Le coût de l'inverse : tout dicter en local, par précaution
Whisper en local ne coûte rien et ne laisse rien sortir, mais il s'installe, il occupe la machine et il ne dicte pas dans la fenêtre où vous écrivez : il transcrit un fichier audio que vous lui donnez. Le réserver à tout, y compris à un e-mail de confirmation de rendez-vous, c'est payer une prudence dont ce message n'avait pas besoin — et abandonner la dictée au bout de trois jours.
Section 03Les 3 questions qui désignent l'outil
Le contenu d'abord, l'outil ensuite
Quatre dictées à zéro franc, une à 9.95
Le prix mensuel des cinq outils, en francs
- Windows, touches Windows + H : 0 franc.
- Dictée macOS : 0 franc.
- Saisie vocale Google Docs : 0 franc.
- Whisper en local : 0 franc.
- Microsoft 365 Personnel, qui inclut la dictée de Word : 9.95 francs par mois.
Section 04Votre outil : le Choisisseur de dictée
Le problème qu'il résout : arrêter de choisir son outil de dictée à l'habitude. Comment s'en servir : répondez aux trois questions ; l'outil nomme l'outil juste, son prix, et la raison du verdict.
Section 05Cas : l'entretien de retour d'un collaborateur
Sandrine doit rédiger la note d'un entretien de retour après un arrêt de travail de six semaines. Elle est sur Mac, au bureau, avec une connexion. Votre mission : réglez les trois listes du Choisisseur sur cette situation et lisez le verdict avant d'ouvrir le corrigé.
Voir la correction
Rouge : la donnée est sensible, donc la connexion et l'appareil ne comptent plus
Ce que l'outil affiche. Première liste sur « Oui — santé », et le verdict tombe en rouge : « Donnée sensible (art. 5 let. c LPD) : elle ne sort pas de la machine. Whisper installé en local (gratuit, licence MIT), ou la dictée macOS réglée sur un traitement sur l'appareil. Ni la dictée du navigateur, ni Windows + H, ni Google Docs. » Les deux autres réponses ne changent rien au verdict, et c'est voulu : dès qu'il y a une donnée de santé, l'appareil et la connexion ne sont plus des critères, ils sont des détails.
Pourquoi la loi tranche si vite. L'art. 5 let. c ch. 2 LPD range les données sur la santé parmi les données sensibles. L'art. 6 al. 7 let. a exige alors un consentement exprès, et l'art. 61 let. b punit, sur plainte, d'une amende de 250 000 francs au plus celui qui confie un tel traitement à un sous-traitant sans que les conditions de l'art. 9 soient réunies. Un service de reconnaissance vocale distant est un sous-traitant : il traite des données personnelles pour votre compte.
Ce que Sandrine fait concrètement, en deux minutes. Réglages Système, Clavier, Dictée : elle vérifie que le traitement se fait sur l'appareil, puis elle dicte sa note dans son traitement de texte. Gratuit, déjà installé, rien ne sort. Elle n'a rien acheté et n'a rien installé.
La limite du verdict, et il faut la dire. Le Choisisseur classe le contenu, il ne le lit pas. Si Sandrine répond « non » alors que sa note mentionne un arrêt maladie, l'outil affichera un verdict vert parfaitement inadapté : c'est l'inconvénient de toute grille — elle vaut ce que vaut la réponse qu'on lui donne. La liste de l'art. 5 let. c est à lire une fois, vraiment, et à garder sous les yeux.
Régler la question sur le prix : « c'est gratuit, donc je prends »
Les quatre outils sont gratuits, et deux d'entre eux ne conviennent pas au cas de Sandrine. Le prix ne discrimine rien ici ; le trajet de l'audio, si.
Ce que ce réflexe a pour lui. Commencer par le gratuit évite trois semaines de comparatif pour un besoin qui tient en dix minutes d'usage — et dans quatre cas sur cinq, le gratuit est effectivement la bonne réponse. Le réflexe est bon ; c'est l'ordre des questions qui ne l'est pas.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Vous devez dicter une note contenant un arrêt de travail. Quel outil convient ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Ouvrez les réglages de dictée de votre propre appareil et notez, en une phrase, où part votre audio. La réponse conditionne tout ce que vous dicterez ensuite.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Quatre dictées gratuites prennent le français : Windows, macOS, Google Docs, Whisper.
- La dictée dans une page web envoie l'audio à un service distant, Chrome compris.
- Windows + H exige une connexion ; la dictée macOS peut rester sur l'appareil.
- Les données sensibles sont une liste fermée, art. 5 let. c LPD — elle se lit une fois.
- Le prix ne choisit pas l'outil : le trajet de l'audio le choisit.
Avant de demander combien ça coûte, demandez où ça va.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Seize minutes sur Whisper, l'outil nommé en section 01 : ce qu'il est, comment il s'installe, et ce que « en local » veut dire concrètement. C'est la réponse technique à la question de cette leçon — où va votre voix. Langue : français.
« Dictez la ponctuation à voix haute. »
Vrai sur Windows. Faux sur Google Docs.
Le conseil le plus répandu sur la dictée n'est pas vrai partout. Selon l'outil, dire « virgule » pose une virgule ou écrit le mot « virgule ». Cette leçon vous donne les phrases exactes à prononcer, outil par outil.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Énoncer les six commandes de ponctuation qui suffisent à dicter un texte professionnel.
Compétence 2
Distinguer les outils où les commandes vocales fonctionnent en français de ceux où elles ne fonctionnent qu'en anglais.
Compétence 3
Obtenir la version « à dire » d'un texte écrit, avec le Souffleur de ponctuation.
Windows + H — Raccourci qui ouvre la saisie vocale de Windows 10 et 11. Les autres mots du module sont au glossaire.
« Mon premier compte rendu dicté dans Google Docs faisait quatre lignes et contenait onze fois le mot "virgule". J'ai cru que je parlais mal. En réalité, Google écrit noir sur blanc que ses commandes vocales sont en anglais seulement. » — Sandrine Mottiez, responsable d'exploitation, Mottiez & Dubois Sàrl, Martigny.
Section 01Le même conseil, deux résultats opposés
Toutes les réponses générales sur la dictée donnent le même conseil : prononcez la ponctuation. Il est juste — à condition de savoir où. Windows publie ses commandes de ponctuation en français dans sa propre aide, et propose en plus un réglage de ponctuation automatique qui pose les signes tout seul d'après ce que vous dites. Google Docs écrit l'inverse, mot pour mot, dans sa page d'aide : « Voice commands are available only in English. The account language and document language must both be English. » Dicter « virgule » dans un document français y produit le mot, pas le signe.
Le Dictaphone Dé Click, lui, tranche autrement : il vous laisse dire ce que vous voulez et fait le travail après. Son bouton Nettoyer convertit les mots de ponctuation en signes, pose les majuscules de début de phrase, applique l'espace fine avant les deux-points, les points-virgules, les points d'exclamation et d'interrogation, et écrit les milliers à la suisse — 1850 devient 1'850. Vous n'avez donc rien à apprendre par cœur pour cet outil-là ; vous en avez besoin pour les trois autres.
Trois outils sur quatre prennent les commandes en français
Les quatre outils et la langue de leurs commandes
- Trois outils sur quatre prennent les commandes de ponctuation en français : le Dictaphone Dé Click, la saisie vocale de Windows et la dictée macOS.
- Un sur quatre ne les prend qu'en anglais : la saisie vocale de Google Docs.
Le piège du conseil vrai ailleurs
Un conseil de dictée sans le nom de l'outil auquel il s'applique ne vaut rien : la même phrase produit un texte propre d'un côté et un texte illisible de l'autre. C'est exactement ce que la leçon 01 reprochait à la réponse générale.
Section 02Ce que six mots appris font gagner
Le calcul, sur un compte rendu de 600 mots
Un compte rendu de 600 mots contient environ 60 signes de ponctuation — une moyenne d'un signe pour dix mots. Les reposer à la main après coup prend à peu près trois minutes de clics et de relecture. Les six commandes s'apprennent en une fois et les suppriment toutes.
Le coût de l'inverse : tout dicter en commandes
On peut prononcer chaque majuscule, chaque guillemet, chaque tiret. Le texte sort parfait et la dictée perd ce qui la rendait intéressante : on récite une notation au lieu de parler. Six commandes, pas trente — au-delà, la frappe redevient plus rapide.
Section 03Les 4 règles pour être écrit tel qu'on parle
Six commandes, des phrases courtes, les noms épelés, les chiffres dits en chiffres
Du texte voulu à la phrase à dire, et retour
Le chemin aller-retour entre le texte et la parole
- On part du texte voulu, ponctué.
- Le Souffleur le convertit en une phrase à prononcer d'un trait, où les signes deviennent des mots : virgule, point, deux points, point d'interrogation, nouvelle ligne, nouveau paragraphe.
- On dicte cette phrase.
- Le nettoyage refait le chemin inverse : les mots redeviennent des signes, les majuscules sont posées, les milliers prennent l'apostrophe suisse.
- On retrouve le texte voulu.
Section 04Votre outil : le Souffleur de ponctuation
Le problème qu'il résout : savoir quoi dire, exactement, pour obtenir le texte qu'on a en tête. Comment s'en servir : écrivez le texte voulu, choisissez votre outil de dictée ; le Souffleur rend la phrase à prononcer, et signale ce que votre outil ne sait pas faire.
Section 05Cas : la même phrase, deux outils
Sandrine veut obtenir exactement : « La régie valide le montant de 1'850 francs avant vendredi : merci de confirmer. » Votre mission : dans le Souffleur, gardez le texte proposé, puis comparez le résultat sur « Dictaphone Dé Click » et sur « Google Docs, saisie vocale », avant d'ouvrir le corrigé.
Voir la correction
Deux verdicts opposés pour la même phrase — et c'est la bonne réponse
Sur le Dictaphone. Le Souffleur affiche la phrase à prononcer d'un trait : « la pompe à chaleur est livrée virgule le raccordement attend point nouvelle ligne la régie valide le montant de 1850 francs avant vendredi deux points merci de confirmer point ». Remarquez le montant : 1850, sans apostrophe — l'apostrophe ne se prononce pas, et c'est le nettoyage qui la remettra. La note verte rappelle que le bouton Nettoyer posera ensuite les majuscules et l'espace fine avant les deux-points.
Sur Google Docs. Le Souffleur change complètement de réponse : il rend le texte sans aucune commande, et annonce le nombre de signes que vous aurez à reposer vous-même — quatre dans cet exemple. La note passe en orange et cite Google : « Voice commands are available only in English ». Dicter « virgule » ici écrirait le mot.
Ce que le cas enseigne, au-delà de la ponctuation. Un outil de dictée n'est pas interchangeable avec un autre, et la différence ne se voit pas sur la page de présentation : elle se lit dans l'aide de l'éditeur. C'est pour cela que chaque verdict du Souffleur cite sa source — vous pouvez vérifier, et vous devriez, parce que ces pages changent.
La limite, et elle est réelle. Le Souffleur travaille sur le texte que vous lui donnez : il ne sait pas prononcer à votre place, et il ne devine pas les noms propres. « Crettenand » figurera tel quel dans la phrase à dire, alors que c'est précisément le mot qu'il faudra épeler. Un outil de conversion ne remplace pas la règle 3 de la méthode ; il la rend seulement applicable.
Croire que la ponctuation automatique dispense de relire
Windows propose de poser les signes tout seul d'après ce que vous dites. Il le fait bien sur des phrases courtes et se trompe sur les énumérations, où il place des points à la place des virgules — un compte rendu de chantier en est plein.
Ce qu'elle a pour elle, quand même. Sur un e-mail de trois phrases, la ponctuation automatique est plus rapide que six commandes prononcées, et le résultat est juste. Elle mérite d'être activée : elle ne mérite pas d'être crue sur une liste de dix postes.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Vous dictez un document en français dans Google Docs et vous prononcez « virgule ». Que se passe-t-il ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Dictez trois phrases avec les six commandes, dans l'outil que vous utilisez vraiment, et comptez les signes que vous avez dû reposer à la main. Vous saurez si votre outil les prend.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Six commandes suffisent : virgule, point, deux points, point d'interrogation, nouvelle ligne, nouveau paragraphe.
- Windows les publie en français ; Google annonce ses commandes vocales en anglais seulement.
- Le Dictaphone Dé Click les accepte et nettoie après coup — rien à apprendre par cœur.
- Les noms romands s'épellent une fois ; ensuite ils sont reconnus.
- Les montants se disent en chiffres ; l'apostrophe suisse est posée au nettoyage.
Un conseil de dictée sans le nom de l'outil n'est pas un conseil.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Seize minutes de prise en main d'une dictée gratuite sur Mac, de bout en bout. Utile pour voir à quoi ressemble une dictée réelle avant d'appliquer les six commandes de cette leçon dans votre propre outil. Langue : français.
Un e-mail de cent vingt mots
se dicte en quarante-sept secondes.
Le même message tapé en prend deux minutes vingt. La différence n'est pas dans la vitesse des doigts : elle est dans le fait qu'on sait, avant d'ouvrir la bouche, quels quatre éléments doivent y figurer.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Nommer les quatre éléments sans lesquels un e-mail professionnel n'obtient pas de réponse.
Compétence 2
Calculer le temps que vous rend la dictée sur un e-mail, avec la base de calcul.
Compétence 3
Produire un e-mail complet en quatre réponses, avec le Gabarit d'e-mail dicté.
« Je relançais mes fournisseurs par des messages de deux lignes sans date. Ils me répondaient "on va voir". Depuis que je dicte une échéance datée dans chaque message, on me répond avec une date — c'est tout ce qui a changé. » — Sandrine Mottiez, responsable d'exploitation, Mottiez & Dubois Sàrl, Martigny.
Section 01Ce qui prend du temps n'est pas la frappe
L'étude de référence sur la saisie mesure 153 mots par minute à la voix contre 52 au clavier, en laboratoire, en anglais, sur des messages courts. Appliqué à un e-mail professionnel de 120 mots, cela donne 2 minutes 18 au clavier (120 ÷ 52) contre 47 secondes à la voix (120 ÷ 153). Avec une relecture de trente secondes, l'e-mail dicté est envoyé en nonante secondes — à peu près la moitié du temps.
Ces chiffres viennent d'un laboratoire, pas d'un bureau de Martigny : l'anglais n'est pas le français, un iPhone n'est pas un poste de travail, et un message d'essai n'est pas une relance à un fournisseur qui vous doit trois semaines de retard. Ce que l'étude établit solidement, c'est l'ordre de grandeur — un facteur autour de trois sur la saisie pure. Ce qu'elle ne dit pas, et qui compte davantage, c'est que le temps d'un e-mail n'est pas dans la frappe : il est dans l'hésitation sur ce qu'on doit y mettre. Quatre éléments suffisent, et les connaître d'avance supprime l'hésitation.
Cent vingt mots : cent trente-huit secondes au clavier, quarante-sept à la voix
Le temps d'un e-mail de 120 mots, en secondes
- Tapé au clavier : 138 secondes, soit 120 mots divisés par 52 mots par minute.
- Dicté : 47 secondes, soit 120 mots divisés par 153 mots par minute.
- Relecture ciblée, dans les deux cas : 30 secondes.
Le piège du message qu'on croit clair
« Pouvez-vous me revenir rapidement ? » ne contient aucune des quatre briques : pas d'action dans l'objet, pas de demande précise, pas de date. Il se dicte en huit secondes et coûte trois relances.
Section 02Douze e-mails par jour, chiffrés
Le calcul, sur une journée ordinaire
Douze e-mails rédigés par jour, 120 mots chacun : 28 minutes de frappe (12 × 2 min 18). Dictés, 9 minutes (12 × 47 s), plus six minutes de relecture : 15 minutes au lieu de 28. Treize minutes par jour, 230 jours ouvrés, font 50 heures par an, soit environ 2 000 francs à 40 francs de l'heure.
Le coût de l'inverse : dicter plus long parce que c'est plus facile
Parler ne coûte rien, donc on en met trois fois plus. Un e-mail dicté de 400 mots prend moins de temps à écrire qu'un e-mail tapé de 120 — et beaucoup plus de temps à lire, à comprendre et à traiter. Le gain se déplace alors chez le destinataire, en sens inverse.
Section 03Les 4 éléments d'un e-mail qui obtient une réponse
Un objet qui dit l'action, une demande, une date, une signature
Section 04Votre outil : le Gabarit d'e-mail dicté
Le problème qu'il résout : l'hésitation devant la page blanche, qui coûte plus cher que la frappe. Comment s'en servir : remplissez les quatre champs, choisissez le ton, et l'outil rend l'e-mail complet, ainsi que le temps qu'il vous a fait gagner sur la frappe.
Section 05Cas : la confirmation du supplément
Dubois a annoncé un supplément en séance, sans rien écrire. Sandrine veut une confirmation écrite avant la validation de la régie. Votre mission : remplissez le Gabarit avec « Monsieur Dubois — de S. Mottiez », « confirmer le supplément de 1850 francs », la demande, « vendredi 3 octobre à midi », ton courtois, puis lisez la note sous l'e-mail avant d'ouvrir le corrigé.
Voir la correction
Quatre champs remplis, un e-mail complet — et 1'850 écrit à la suisse dans l'objet
Ce que l'outil écrit. Un objet qui porte l'action — « Confirmer le supplément de 1'850 francs » — et non le nom du chantier ; une salutation nominative ; la demande en une phrase ; une ligne « Échéance : vendredi 3 octobre à midi » posée seule, donc impossible à manquer ; la formule de courtoisie ; la signature. Remarquez que 1850 devient 1'850 jusque dans l'objet : l'apostrophe des milliers est appliquée partout, parce qu'un montant mal écrit dans un objet d'e-mail est la première chose que le destinataire voit.
Ce que la note bleue ajoute, et c'est elle le vrai enseignement. Elle compte les mots de l'e-mail produit et affiche les deux durées avec leur division : « ÷ 52 mots par minute » pour le clavier, « ÷ 153 » pour la voix. Le chiffre n'est pas asséné, il est recalculable — vous pouvez le refaire de tête, et vous pouvez contester la base. C'est la différence entre un argument et une promesse.
Le ton « ferme » et ce qu'il change. Passez la liste sur « Ferme, deuxième relance » : la formule finale devient une conséquence annoncée — « Sans réponse de votre part à cette échéance, je considérerai le montant comme non confirmé et j'en informerai la régie. » C'est la seule phrase qui bouge. Un ton, en pratique, ce n'est pas un vocabulaire différent : c'est une conséquence dite ou tue.
Et ce que l'outil ne décide pas. Il ne sait pas si votre demande est légitime, ni si l'échéance est tenable pour le destinataire. Un gabarit qui écrit vite écrit aussi vite les mauvais messages : trois relances fermes en dix jours sortiront du même outil, avec la même fluidité, et abîmeront une relation que quarante minutes de frappe auraient peut-être protégée par la simple friction de l'effort.
Mettre deux demandes dans un message parce qu'on y est
La dictée rend l'ajout gratuit : tant qu'on parle, autant poser la question du planning. On obtiendra une réponse sur le supplément et rien sur le planning, et il faudra réécrire.
Ce que cette erreur a pour elle. Auprès d'un interlocuteur réactif qui répond point par point, grouper évite deux allers-retours et fait gagner une journée. Le groupement n'est donc pas interdit : il se réserve aux destinataires dont on sait, par expérience, qu'ils répondent à tout.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Quels sont les quatre éléments d'un e-mail professionnel qui obtient une réponse ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Reprenez le dernier e-mail resté sans réponse et cherchez lequel des quatre éléments y manquait. Dans presque tous les cas, c'est la date.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- 120 mots : 2 min 18 au clavier, 47 secondes à la voix — divisions affichées, base vérifiable.
- Le temps d'un e-mail n'est pas dans la frappe, il est dans l'hésitation sur le contenu.
- Quatre éléments : objet-action, une demande, échéance datée, signature.
- Deux demandes dans un message donnent une réponse et un silence.
- Un ton, ce n'est pas un vocabulaire : c'est une conséquence dite ou tue.
Sans date, ce n'est pas une demande : c'est un souhait.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Onze minutes sur l'e-mail professionnel côté management. À croiser avec les quatre éléments de la section 03 : c'est le même sujet pris par le bout de la relation plutôt que par celui de la rédaction. Langue : français.
Un compte rendu se lit
pour deux choses : les décisions et les actions.
Tout le reste est du décor. Et ce décor n'est pas neutre : dès qu'il contient une information sur une personne identifiable, la loi suisse sur la protection des données s'applique à votre compte rendu comme à n'importe quel fichier.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Structurer un compte rendu en six blocs dont deux seulement engagent quelqu'un.
Compétence 2
Appliquer le principe de proportionnalité de l'art. 6 al. 2 LPD à ce que vous écrivez sur une personne.
Compétence 3
Produire un compte rendu complet et relu, avec le Constructeur de compte rendu.
Proportionnalité (art. 6 al. 2 LPD) — Principe selon lequel un traitement de données doit être conforme à la bonne foi et à la proportionnalité. Les autres mots du module sont au glossaire.
« J'écrivais des comptes rendus de deux pages que personne ne lisait. Un chef de chantier m'a dit : "Moi, je cherche mon nom et ma date, le reste je le saute." Depuis, mes comptes rendus font quinze lignes et tout le monde les lit. » — Sandrine Mottiez, responsable d'exploitation, Mottiez & Dubois Sàrl, Martigny.
Section 01Ce qu'un compte rendu doit porter, et ce qu'il ne doit pas
Un compte rendu utile tient en six blocs : l'en-tête (objet, date, lieu, présents), les points traités, les décisions, les actions avec qui, quoi et pour quand, les points ouverts, et la prochaine séance. Deux de ces six engagent quelqu'un — les décisions et les actions. Ce sont les seuls qu'on relira, et ce sont ceux qu'on écrit en premier, avant même de reprendre le fil de la discussion.
Le reste n'est pas anodin pour autant. Dès qu'une phrase porte une information sur une personne identifiable, elle est une donnée personnelle au sens de l'art. 5 let. a LPD, et le compte rendu devient un traitement de données. Trois règles s'appliquent alors, et elles sont courtes. Art. 6 al. 2 : le traitement doit être conforme aux principes de la bonne foi et de la proportionnalité — on n'écrit que ce qui sert au suivi du dossier. Art. 6 al. 5 : celui qui traite des données personnelles doit s'assurer qu'elles sont exactes — un compte rendu approximatif n'est pas seulement mal écrit. Art. 6 al. 4 : les données sont détruites ou anonymisées dès qu'elles ne sont plus nécessaires au regard des finalités du traitement. Un compte rendu de chantier de 2019 qui dort dans un dossier partagé n'est plus une archive, c'est un stock.
Sur six blocs, deux seulement engagent quelqu'un
Les six blocs d'un compte rendu, et ceux qui engagent
- Deux blocs sur six engagent quelqu'un : les décisions et les actions.
- Quatre blocs sur six sont le cadre : l'en-tête, les points traités, les points ouverts et la prochaine séance.
Le piège de la phrase « pour le contexte »
« Pierre était encore en retard, il a des soucis de santé en ce moment » explique beaucoup et ne sert à rien au suivi du chantier. Elle survivra pourtant dix ans dans un dossier partagé, lisible par des personnes qui n'étaient pas dans la salle.
Section 02Quinze lignes lues valent mieux que deux pages classées
Le calcul, sur une séance de chantier hebdomadaire
Six personnes autour de la table. Un compte rendu de deux pages leur prend six minutes de lecture chacune, soit 36 minutes d'équipe par semaine ; un compte rendu de quinze lignes en prend une, soit six minutes. Trente minutes d'équipe récupérées chaque semaine : 23 heures par an, environ 920 francs à 40 francs de l'heure — et c'est le compte rendu court qui est lu.
Le coût de l'inverse : le compte rendu si court qu'il ne prouve rien
« Vu avec Dubois, c'est réglé » ne tient pas six mois plus tard, quand la régie demande qui a validé quoi. Un compte rendu sert aussi de preuve : la décision doit porter un nom, un montant et une date, sinon elle n'existe pas.
Section 03Les 4 gestes du compte rendu qui tient debout
Les actions d'abord, un nom et une date par ligne, le nécessaire seulement, la durée annoncée
Section 04Votre outil : le Constructeur de compte rendu
Le problème qu'il résout : obtenir un compte rendu complet, court et relisible, sans rien oublier ni rien laisser traîner. Comment s'en servir : une action par ligne, sous la forme « qui · quoi · pour quand » ; l'outil assemble, compte, et signale les phrases qui ne devraient pas s'y trouver.
Section 05Cas : la phrase de trop
Sandrine dicte ses actions au sortir de la séance. Votre mission : dans le Constructeur, saisissez ces trois lignes d'actions, une par ligne — « P. Dubois · confirmer le supplément de 1850 francs par écrit · 3 octobre », « S. Mottiez · relancer la régie », « A. Crettenand · reprendre le planning à son retour d'arrêt maladie » — laissez le champ « Durée de conservation » vide, puis lisez le bandeau rouge avant d'ouvrir le corrigé.
Voir la correction
Deux alertes, trois corrections — et la deuxième n'est pas une question de style
La première alerte porte sur les dates. L'outil compte les actions qui ne contiennent aucun chiffre et affiche : « 2 action(s) sans date : une action sans échéance n'est l'affaire de personne. » Deux, et non une : « relancer la régie » n'en a pas, et « à son retour » n'en est pas une non plus. C'est le point le plus utile du corrigé — « à son retour » ressemble à une échéance et n'en est pas une, parce que personne ne peut la porter dans un agenda. Les deux lignes deviennent « S. Mottiez · relancer la régie · 6 octobre » et « A. Crettenand · reprendre le planning · dès son retour, au plus tard le 20 octobre ».
La seconde alerte porte sur une personne. La troisième ligne mentionne un arrêt maladie. L'outil la relève et cite l'article : l'art. 6 al. 2 LPD impose la proportionnalité, et l'art. 5 let. c ch. 2 range les données sur la santé parmi les données sensibles. La question que pose l'outil est la bonne : le suivi du dossier exige-t-il vraiment cette information ? Non. La ligne corrigée ci-dessus dit exactement la même chose sur le plan opérationnel, et ne diffuse pas l'état de santé d'un collaborateur à six personnes, dont un fournisseur externe.
Ce que la version corrigée donne. Trois actions, trois noms, trois échéances, zéro alerte. Reste une ligne en pied de page : « Conservation : (à préciser — art. 6 al. 4 LPD) », parce que le champ est resté vide. L'outil ne la remplit pas à votre place et ne la masque pas — une durée de conservation est une décision d'entreprise, pas un réglage par défaut. Le montant, lui, a été réécrit 1’850 automatiquement, comme partout dans cette formation.
La limite de l'alerte, et elle est importante. Le Constructeur cherche des mots, pas du sens. « Il a eu un souci de santé » sera relevé ; « il n'était pas au mieux ces temps » passera sans un bruit, alors que la phrase dit la même chose et n'a pas davantage sa place. Une liste de mots ne remplace pas la question de la règle 3 — est-ce que le dossier en a besoin ? — elle ne fait que la poser plus souvent.
Reprendre le déroulé de la discussion à la place des décisions
Un compte rendu qui raconte qui a dit quoi, dans l'ordre, double de longueur et perd sa fonction : personne n'y retrouve son action. Le déroulé se résume en trois lignes dans « points traités », et les engagements vivent dans leurs deux blocs.
Ce qu'elle a pour elle, dans un cas précis. Quand une séance a été conflictuelle, ou quand une décision s'écarte d'un avis exprimé, garder trace de la discussion protège tout le monde — et c'est parfois la seule façon d'expliquer, six mois plus tard, pourquoi on a tranché ainsi. Le déroulé n'est donc pas à bannir : il est à réserver aux séances où quelque chose s'est joué.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Vous allez écrire dans un compte rendu qu'un collaborateur revient d'un arrêt maladie. Que dit la LPD ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Reprenez votre dernier compte rendu et comptez les actions sans date. C'est le nombre de choses dont personne ne s'est chargé.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Six blocs, dont deux seulement engagent quelqu'un : les décisions et les actions.
- Une action porte un nom, un verbe et une date, sinon elle n'est l'affaire de personne.
- Un compte rendu nominatif est un traitement de données (art. 5 let. a LPD).
- On n'écrit sur une personne que ce que le suivi du dossier exige (art. 6 al. 2).
- La durée de conservation s'écrit en pied de page : art. 6 al. 4.
Une action sans date n'est l'affaire de personne.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Dix-huit minutes de formation à la rédaction d'un compte rendu de réunion. Attention à une différence de cadre : le volet protection des données de cette leçon repose sur la LPD suisse, qui n'est pas celle de la vidéo. Langue : français.
Enregistrer une séance sans l'accord des autres
est une infraction pénale en Suisse.
Un an de peine privative de liberté au plus si vous y prenez part, trois ans si vous n'y prenez pas part. Le remède tient en une phrase de douze secondes, dite au début de la séance — cette leçon vous la donne, et vous apprend quand vous en passer.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Distinguer l'art. 179bis de l'art. 179ter CP, et la peine qui va avec chacun.
Compétence 2
Formuler la phrase de consentement à dire en ouverture de séance, et la trace à en garder.
Compétence 3
Décider en quatre questions si vous pouvez enregistrer, avec le Feu vert d'enregistrement.
« Je lançais l'enregistreur de mon natel dès le début des séances de chantier, pour ne rien rater. Personne ne m'avait rien dit. Le jour où un architecte m'a demandé, calmement, si j'avais son accord, j'ai compris que je n'avais jamais posé la question. » — Sandrine Mottiez, responsable d'exploitation, Mottiez & Dubois Sàrl, Martigny.
Section 01Deux articles, deux peines, une seule question
Le Code pénal suisse traite l'enregistrement d'une conversation dans deux articles voisins, et la différence entre eux tient à une seule chose : y prenez-vous part ? L'art. 179ter CP vise celui qui, « sans le consentement des autres interlocuteurs, enregistre sur un porteur de son une conversation non publique à laquelle il prend part » : sur plainte, peine privative de liberté d'un an au plus ou peine pécuniaire. L'art. 179bis CP vise celui qui enregistre « sans le consentement de tous les participants » une conversation non publique entre d'autres personnes : sur plainte, trois ans au plus. Laisser tourner un enregistreur dans une salle où l'on n'est pas soi-même assis relève du second, pas du premier.
Deux mots méritent d'être lus lentement. « Non publique » : une séance de chantier, un entretien, un point d'équipe le sont ; une conférence ouverte au public ne l'est pas. « Sur plainte » : il n'y a pas de poursuite d'office, mais cela signifie exactement que la décision appartient à celui que vous avez enregistré — le jour où la relation se tend, l'enregistrement devient une pièce contre vous. Et la loi sur la protection des données s'ajoute par-dessus : l'art. 6 al. 6 LPD veut un consentement librement exprimé, pour un traitement déterminé, après information, et l'art. 6 al. 7 let. a exige qu'il soit exprès quand des données sensibles sont en jeu.
Le piège du « tout le monde le fait »
L'usage ne vaut pas consentement, et le silence non plus. La loi demande l'accord des autres interlocuteurs, pas leur absence d'objection — et c'est précisément quand la relation se dégrade que la question se pose.
Section 02Douze secondes contre une procédure
Le calcul, sur une séance hebdomadaire
Douze secondes par séance, une séance par semaine, 46 semaines : neuf minutes par an. En face : une plainte pénale, une peine pécuniaire, et un enregistrement qui devient inutilisable comme preuve parce qu'il a été obtenu en violation de l'art. 179ter. Neuf minutes.
Le coût de l'inverse : demander l'accord et perdre la parole libre
Annoncer l'enregistrement change la séance : on parle moins franchement quand on sait qu'on est enregistré, et une négociation tendue peut se bloquer net. C'est un vrai coût, et il explique pourquoi la bonne réponse est souvent de ne pas enregistrer du tout — de prendre trois notes et de dicter son compte rendu en sortant, comme aux leçons 01 et 05.
Section 03Les 4 gestes avant d'appuyer sur enregistrer
Demander, informer, garder la trace, effacer
Le feu vert d'enregistrement, en quatre questions
L'arbre du feu vert d'enregistrement
- Première question : la conversation est-elle publique ? Si oui, les art. 179bis et 179ter CP ne s'appliquent pas, mais la LPD demande toujours d'annoncer l'usage.
- Si elle n'est pas publique : tous les interlocuteurs ont-ils donné leur accord, après avoir su à quoi l'enregistrement servirait ?
- Si un seul manque, c'est rouge : l'infraction est réalisée.
- Si tous ont consenti, c'est vert — et si des données sensibles sont abordées, le consentement doit être exprès au sens de l'art. 6 al. 7 let. a LPD.
- La peine dépend d'une dernière question : un an au plus si vous prenez part à la conversation (art. 179ter CP), trois ans si vous n'y prenez pas part (art. 179bis CP).
Section 04Votre outil : le Feu vert d'enregistrement
Le problème qu'il résout : savoir, avant d'appuyer, si vous avez le droit — et si oui, quoi dire. Comment s'en servir : quatre questions ; l'outil rend un feu, l'article applicable, la phrase à lire en ouverture et la ligne à porter au compte rendu.
Section 05Cas : l'architecte qui rejoint au natel
Sandrine a demandé l'accord des quatre personnes présentes et l'a obtenu. Dix minutes plus tard, l'architecte rejoint la séance par natel, en haut-parleur. Votre mission : dans le Feu vert, réglez la troisième liste sur « Certains seulement » et lisez le verdict avant d'ouvrir le corrigé.
Voir la correction
Rouge, pour un seul accord manquant sur cinq — et c'est exactement ce que dit la loi
Ce que l'outil affiche. « Feu rouge — il manque au moins un accord. La loi demande le consentement de TOUS : art. 179ter CP (un an au plus) est réalisé dès qu'un seul interlocuteur n'a pas consenti, et la poursuite a lieu sur sa plainte. » Quatre accords sur cinq ne font pas quatre cinquièmes d'une autorisation : ils ne font rien du tout. Le texte de l'art. 179ter vise l'enregistrement fait « sans le consentement des autres interlocuteurs » — au pluriel, sans exception.
Ce que Sandrine fait, et cela prend huit secondes. L'outil lui donne la phrase : « Monsieur, nous enregistrons la séance pour rédiger le compte rendu, puis effacer le fichier une fois le compte rendu validé. Êtes-vous d'accord ? » Elle la lit, l'architecte répond oui, la question et la réponse sont dans le fichier — la trace du consentement est donc dans l'enregistrement lui-même, ce qui est la façon la plus simple de tenir le geste 3 de la méthode.
Pourquoi l'usage annoncé compte autant que l'accord. L'art. 6 al. 6 LPD ne tient pour valable qu'un consentement donné pour un ou plusieurs traitements déterminés et après information. Un « vous êtes d'accord qu'on enregistre ? » sans dire à quoi cela servira ni combien de temps le fichier sera gardé n'informe personne. C'est pour cela que le champ « usage annoncé » de l'outil se retrouve, mot pour mot, dans la phrase à lire et dans la ligne du compte rendu.
Et s'il dit non. Le verdict le dit sans détour : on n'enregistre pas. Ce n'est pas un échec de la méthode, c'est son fonctionnement — et la formation a déjà donné l'alternative, qui marche très bien : trois notes pendant la séance, quatre minutes de dictée en sortant, le Constructeur de compte rendu de la leçon 05. Sandrine n'a jamais eu besoin de l'audio pour ses quinze lignes.
Garder le fichier audio « au cas où »
Une fois le compte rendu validé, l'audio ne sert plus à rien et reste indéfiniment sur un natel ou un dossier partagé. L'art. 6 al. 4 LPD veut sa destruction dès qu'il n'est plus nécessaire ; en pratique, c'est un risque conservé sans usage.
Ce que cette erreur a pour elle. Dans une séance où un litige couve, l'audio est la seule chose qui établira qui a dit quoi. Le conserver peut donc se justifier — mais alors il faut le dire au moment de demander l'accord, annoncer la durée, et n'en garder qu'une copie, à un endroit connu.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Quatre participants sur cinq ont accepté l'enregistrement. Le cinquième n'a pas été consulté. Où en êtes-vous ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Copiez la phrase d'ouverture donnée par l'outil et gardez-la dans les notes de votre natel. Elle vous servira à la première séance que vous voudrez enregistrer.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- Art. 179ter CP : un an au plus si vous prenez part à la conversation enregistrée.
- Art. 179bis CP : trois ans au plus si vous n'y prenez pas part.
- Le consentement doit venir de tous les interlocuteurs, y compris celui qui arrive au natel.
- Il n'est valable qu'après information sur l'usage et la durée (art. 6 al. 6 LPD).
- Souvent, la bonne réponse est de ne pas enregistrer : trois notes et une dictée en sortant.
Quatre accords sur cinq ne font pas une autorisation : ils font une infraction.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Douze minutes de manipulation : où se trouve le bouton d'enregistrement d'une réunion Teams, ce que la transcription automatique produit, et où le fichier se retrouve ensuite. Le cadre juridique applicable est celui de la leçon, pas celui de la vidéo : la vidéo montre l'outil et ne dit rien des art. 179bis et 179ter du Code pénal suisse, qui font de l'enregistrement sans accord une infraction poursuivie sur plainte. Le geste de la leçon reste le premier : demander l'accord, puis enregistrer. Langue : français.
Glossaire :
dicter ses e-mails et comptes rendus.
15 termes pour parler dictée, compte rendu et protection des données avec précision, chacun accompagné d'une source vérifiable.
Glossaire15 termes clés
Dictée (saisie vocale)
Conversion de la parole en texte au fil de l'élocution, dans le champ où l'on écrit. À distinguer de la transcription, qui traite un fichier audio déjà enregistré.
Source : Microsoft — saisie vocale Windows ↗Windows + H
Raccourci qui ouvre la saisie vocale de Windows 10 et 11. Gratuite, prend le français, propose une ponctuation automatique — et s'appuie sur une reconnaissance en ligne, donc exige une connexion.
Source : Microsoft ↗Dictée macOS
Dictée incluse dans macOS, gratuite, activée dans Réglages Système, Clavier, Dictée. Ces mêmes réglages indiquent si les saisies vocales sont traitées sur l'appareil, donc non envoyées aux serveurs Siri.
Source : Apple — assistance macOS ↗Whisper
Modèle de reconnaissance vocale publié par OpenAI, code et poids sous licence MIT, exécuté sur la machine de l'utilisateur. Le modèle multilingue turbo compte 809 millions de paramètres ; le français est pris en charge.
Source : OpenAI — Whisper ↗API Web Speech (SpeechRecognition)
Interface qui permet à une page web de transcrire la parole. Présente dans Chrome, Edge et Safari (avec le préfixe webkit depuis Safari 14.1), absente de la version publiée de Firefox.
Source : MDN — SpeechRecognition ↗Reconnaissance côté serveur
Mode de fonctionnement où l'audio quitte l'appareil pour être traité à distance. MDN l'écrit pour l'API du navigateur : sur certains navigateurs, dont Chrome, l'audio est envoyé à un service web, et la dictée ne fonctionne donc pas hors connexion.
Source : MDN ↗Commande de ponctuation
Mot prononcé pour obtenir un signe : « virgule », « point », « deux points », « point d'interrogation », « nouvelle ligne », « nouveau paragraphe ». Six suffisent à un texte professionnel.
Source : Microsoft — commandes en français ↗Commande vocale limitée à une langue
Restriction d'un éditeur sur la langue de ses commandes. Google l'écrit pour Docs : « Voice commands are available only in English » — dicter « virgule » dans un document français y écrit le mot.
Source : Google — aide Docs ↗Taux d'erreur non corrigé
Part de mots faux restant dans le texte final. Mesuré à 1,30 % pour la dictée contre 0,79 % pour le clavier : la dictée fait moins d'erreurs pendant la saisie et en laisse davantage à l'arrivée.
Source : Ruan, Wobbrock, Liou, Ng & Landay (2018) ↗Apostrophe des milliers
Convention suisse d'écriture des nombres : 1'850, 12'500. Elle ne se prononce pas ; elle se pose au nettoyage du texte dicté, comme les majuscules et l'espace fine.
Source : OFS — usage dans les publications fédérales ↗Art. 179ter CP
Punit, sur plainte, d'une peine privative de liberté d'un an au plus ou d'une peine pécuniaire, quiconque enregistre une conversation non publique à laquelle il prend part sans le consentement des autres interlocuteurs.
Source : Fedlex — CP (RS 311.0) ↗Art. 179bis CP
Punit, sur plainte, d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire, quiconque enregistre une conversation non publique entre d'autres personnes sans le consentement de tous les participants.
Source : Fedlex — CP (RS 311.0) ↗Donnée personnelle (art. 5 let. a LPD)
Toute information concernant une personne physique identifiée ou identifiable. Un compte rendu nominatif en contient par construction : il est donc un traitement de données au sens de la loi.
Source : Fedlex — LPD (RS 235.1) ↗Donnée sensible (art. 5 let. c LPD)
Liste fermée : opinions ou activités religieuses, philosophiques, politiques ou syndicales ; santé, sphère intime, origine raciale ou ethnique ; données génétiques ; données biométriques ; poursuites et sanctions ; mesures d'aide sociale.
Source : Fedlex — LPD ↗Proportionnalité (art. 6 al. 2 LPD)
Principe selon lequel un traitement de données doit être conforme à la bonne foi et à la proportionnalité. Appliqué à un compte rendu : on n'écrit sur une personne que ce que le suivi du dossier exige.
Source : Fedlex — LPD ↗De la séance au compte rendu envoyé,
en une seule chaîne de six gestes.
Les six leçons précédentes tiennent dans un enchaînement unique, déroulé ici sur le cas complet de Mottiez & Dubois. À la fin, vous aurez votre propre chiffre — pas le nôtre — et la liste de contrôle à garder.
ObjectifsÀ la fin de cette leçon, vous serez capable de :
Compétence 1
Dérouler la chaîne complète, de la question du consentement au compte rendu copié.
Compétence 2
Calculer votre propre gain annuel en francs, avec vos chiffres et la base affichée.
Compétence 3
Repartir avec une liste de contrôle en six lignes, copiable, à garder sous la main.
Donnée sensible (art. 5 let. c LPD) — Liste fermée : opinions ou activités religieuses, philosophiques, politiques ou syndicales ; santé, sphère intime, origine raciale ou ethnique ; données génétiques ; données biométriques ; poursuites et sanctions ; mesures d'aide sociale. Les autres mots du module sont au glossaire.
« Le mardi, je sors de la séance à 08h15. À 08h23, le compte rendu est parti. Avant, il partait le jeudi soir — quand il partait. Ce n'est pas la dictée qui a changé ça toute seule : c'est de savoir dans quel ordre faire les choses. » — Sandrine Mottiez, responsable d'exploitation, Mottiez & Dubois Sàrl, Martigny.
Section 01Ce que les six leçons ont établi, et avec quelles bases
Trois faits tiennent toute la formation, et chacun porte sa base. La voix est plus rapide que le clavier : 153 mots par minute contre 52, soit 2,93 fois, mesuré en laboratoire, en anglais, sur des messages courts — l'ordre de grandeur est solide, la promesse chiffrée ne l'est pas. La voix laisse plus de fautes : 1,30 % de mots faux dans le texte final contre 0,79 % au clavier, même étude — d'où la relecture ciblée sur les noms, les montants et les dates. Le temps a un prix : 40 francs de l'heure, soit 7 024 francs bruts par mois divisés par 173,6 heures mensuelles, d'après l'enquête suisse sur la structure des salaires 2024 et les heures de travail 2024 de l'Office fédéral de la statistique.
Et deux règles de droit, citées et non résumées. Art. 179ter CP : enregistrer une conversation non publique à laquelle on prend part, sans le consentement des autres interlocuteurs, expose sur plainte à un an de peine privative de liberté au plus ; l'art. 179bis monte à trois ans quand on n'y prend pas part. Art. 6 al. 2 LPD : un compte rendu nominatif est un traitement de données, soumis à la proportionnalité — on n'écrit sur une personne que ce que le suivi du dossier exige. C'est ce que la réponse de la leçon 01 ne contenait pas, et c'est ce que vous savez maintenant.
Les trois postes de temps récupéré, en heures par an
Les trois postes de temps récupéré, en heures par an
- E-mails rédigés : 50 heures par an.
- Comptes rendus rédigés : 26 heures par an.
- Lecture d'équipe sur des comptes rendus courts : 23 heures par an.
- Soit un peu moins de 100 heures, environ 3 960 francs à 40 francs de l'heure — un ordre de grandeur, pas un montant à inscrire au budget.
Le piège du chiffre emprunté
153 mots par minute est un chiffre de laboratoire. Le seul qui vaille chez vous est celui que vous mesurerez : l'outil de cette leçon calcule avec vos nombres, pas avec les nôtres.
Section 02L'addition des six leçons
Le calcul, sur le cas Mottiez & Dubois
Comptes rendus : 26 heures par an récupérées, environ 1 040 francs. E-mails : 50 heures, environ 2 000 francs. Lecture d'équipe sur des comptes rendus courts : 23 heures, environ 920 francs. Un peu moins de 100 heures par an, environ 3 960 francs, à 40 francs de l'heure — dont la moitié n'est pas du temps de Sandrine, mais du temps des cinq autres.
Le coût de l'inverse : additionner des gains qui ne se cumulent pas
Ces trois chiffres reposent sur des hypothèses différentes — deux comptes rendus par semaine, douze e-mails par jour, six lecteurs. Les additionner donne un ordre de grandeur, pas un montant à inscrire au budget. Un chiffre qu'on présente à sa fiduciaire se recalcule avec ses propres nombres, et c'est exactement ce que fait l'outil ci-dessous.
Section 03La chaîne complète, dans l'ordre
Six gestes, de la salle de séance à la boîte d'envoi
La chaîne en six gestes, minutée
La chaîne en six gestes, avec les durées
- 1. Le feu vert d'enregistrement, art. 179ter CP : douze secondes, ou rien du tout.
- 2. Le choix de l'outil, art. 5 let. c LPD : trente secondes.
- 3. Dicter, les actions d'abord : quatre minutes.
- 4. Nettoyer et assembler en six blocs : deux minutes.
- 5. Relire les noms, les montants et les dates : deux minutes.
- 6. Envoyer avec les quatre éléments, puis effacer l'audio : trente secondes.
Section 04Votre outil : le Chiffreur personnel et la liste de contrôle
Le problème qu'il résout : repartir avec votre chiffre et votre liste, pas avec les nôtres. Comment s'en servir : entrez vos propres nombres ; l'outil affiche le calcul complet, division par division, et produit la liste de contrôle en six lignes, copiable.
Section 05Cas : le mardi matin de Mottiez & Dubois, de bout en bout
Séance de chantier, 07h30, cinq personnes, un architecte qui rejoint au natel. Sandrine veut envoyer son compte rendu avant 08h30. Votre mission : dans le Chiffreur, laissez les valeurs proposées — 62 textes par semaine, 6 minutes chacun, 40 francs de l'heure — lisez le calcul ligne à ligne, puis copiez la liste de contrôle avant d'ouvrir le corrigé.
Voir la correction
Huit minutes de la salle à la boîte d'envoi — et un calcul qu'on peut refuser
07h30, le feu vert. Sandrine ne compte pas enregistrer : trois notes suffisent pour une séance de vingt minutes. Quand l'architecte rejoint au natel, il n'y a donc rien à lui demander. C'est le cas le plus fréquent, et la leçon 06 le dit : la bonne réponse est souvent de ne pas enregistrer du tout.
07h52, le bon outil. Le compte rendu ne porte aucune donnée sensible — un supplément, un planning, un raccordement. Le Dictaphone Dé Click convient, et sa ligne d'état rappelle que l'audio passe par un service distant : acceptable ici, refusé pour l'entretien de retour d'arrêt de la leçon 02.
07h55, quatre minutes de dictée. Les trois décisions et les quatre actions d'abord, puis le fil de la séance. Six commandes de ponctuation, phrases de quinze mots, « Crettenand » épelé une fois. Puis Nettoyer : les signes, les majuscules, et 1850 qui devient 1'850.
08h01, l'assemblage. Le Constructeur range en six blocs et lève une alerte : une action sans date. C'est celle de Sandrine, « relancer la régie ». Elle ajoute « 6 octobre », l'alerte disparaît. Aucune alerte de proportionnalité : rien dans ce compte rendu ne dit quoi que ce soit sur la santé ou la situation de quelqu'un.
08h03, la relecture. Trois choses : les noms — Dubois, Crettenand, la régie ; les montants — 1'850 ; les dates — 3 et 6 octobre. Deux minutes. 08h05, l'envoi, avec un objet qui dit l'action : « Chantier Les Épineys — valider le supplément de 1'850 francs avant le 3 octobre ». Trente-cinq minutes après la fin de la séance, la chaîne est bouclée, et sept personnes savent ce qu'elles doivent faire.
Ce que le Chiffreur affiche, et pourquoi il montre son hypothèse. Avec 62 textes par semaine à 6 minutes, il annonce d'abord l'état actuel — 6,2 heures par semaine — puis il écrit son hypothèse en toutes lettres : deux tiers de frappe, un tiers de relecture et de réflexion, la dictée ne divisant que la frappe, par trois. Il en tire 3,3 minutes par texte au lieu de 6, soit 2,8 heures récupérées par semaine, 127 heures sur 46 semaines, environ 5’070 francs à 40 francs de l'heure — sensiblement plus que les 100 heures de la section 02, parce que les hypothèses ne sont pas les mêmes : voilà pourquoi on recalcule avec ses propres nombres au lieu de reprendre ceux d'une brochure. L'hypothèse est écrite pour que vous puissiez la refuser : si chez vous la relecture est la moitié du temps, le gain tombe, et le calcul se refait en deux secondes.
La limite de tout l'exercice, et il faut la dire en dernier. Ces heures ne deviennent de l'argent que si elles servent à autre chose. Cent vingt-sept heures récupérées et immédiatement absorbées par d'autres e-mails n'ont rien rapporté du tout — elles ont seulement déplacé le travail. Le chiffre mesure un temps libéré, pas un bénéfice : ce qu'on en fait n'appartient pas à la formation.
Garder l'ordre habituel : rédiger le fil, puis chercher les actions
C'est l'ordre naturel, et c'est celui qui fait perdre la moitié des actions : au moment d'y arriver, on ne se souvient plus de qui s'était engagé sur quoi. Les décisions et les actions se dictent en premier, dans la voiture.
Ce que l'ordre habituel a pour lui. Reprendre le fil aide à retrouver des engagements qu'on avait oubliés sur le moment — une séance longue et décousue se reconstitue mieux dans l'ordre chronologique. Pour une séance de deux heures avec dix points, commencer par le fil est défendable ; pour les vingt minutes du mardi matin, non.
Section 06Mini-quiz & synthèse
Dans quel ordre se fait la chaîne, au sortir d'une séance ?
À appliquer sur votre prochain cas réel
Copiez la liste de contrôle en six lignes et collez-la dans les notes de votre natel. Au sortir de votre prochaine séance, suivez-la dans l'ordre et chronométrez-vous : vous aurez votre chiffre à vous.
La vidéo de cette leçon se trouve dans la vue illustrée : elle fait partie des 30 minutes de la séance.
La leçon en une image
Les 5 idées-clés
- La chaîne tient en six gestes : feu vert, outil, dicter, assembler, relire, envoyer.
- Le consentement précède l'enregistrement, les actions précèdent le fil.
- Seules trois choses se relisent mot à mot : noms propres, montants, dates.
- Le chiffre de la formation vient d'un laboratoire : le vôtre vient d'un chronomètre.
- Du temps libéré n'est un gain que s'il sert à autre chose.
Ce n'est pas la voix qui fait gagner du temps, c'est l'ordre des gestes.
Pour aller plus loin — la leçon en vidéo
Un appui, pas un passage obligé : cette vidéo se regarde en dedans les 30 minutes de la séance. La séance tient sans elle — la leçon, l'outil, l'étude de cas corrigée et le quiz remplissent déjà les 30 minutes annoncées.
Dix-neuf minutes sur la productivité assistée par l'IA au travail. À regarder avec la réserve de cette leçon en tête : du temps libéré n'est un gain que s'il sert à autre chose. Langue : français.
Validez vos acquis — Dicter ses e-mails et comptes rendus
10 questions sur les 7 leçons. Score minimum : 70 % (7/10). Répondez à tout, puis cliquez « Corriger ».
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